Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
Lire la suite...LA MORT D’ALAIN BIGNON
Alain Bignon est décédé , vendredi, après-midi,17 octobre 2003, des suites d’une crise cardiaque. Il était âgé de 56 ans.
BIGNON, Alain
(1947)
Dessinateur et scénariste
Né à Saintes (France) le 19 mai 1947, Alain Bignon fait une carrière d’ingénieur tout en suivant conjointement les cours de dessin de Georges Pichard. Ses premières planches paraissent dans L’Écho des savanes et dans Pilote. Sa rencontre avec Guy Vidal s’avère décisive, car ils débutent, en 1981, une étroite collaboration dans Pilote, puis dans Pilote et Charlie, qui se poursuivra jusqu’à la fin de la décennie.
Ensemble, chez Dargaud, ils conçoivent tout d’abord Une éducation algérienne (album, 1982), puis Plus Con, on tue (album, 1983), Un malaise passager (album, 1985), Tout le monde aime le printemps (album, 1987) et enfin Le Parfum des choses (album, 1989). Ces ouvrages, à l’exception du cinquième, seront réédités en un volume aux Humanoïdes Associés sous le titre Passé simple (1993). Dans un autre registre, Alain Bignon signe à nouveau avec Guy Vidal un livre pour enfants pour la collection « Pandourou » des Editions Dargaud : Adieux à la Pennsylvanie (1988).
Parallèlement, Alain Bignon réalise diverses histoires complètes pour les numéros thématiques de Chic, Circus et Pilote & Charlie.
En 1993, il élabore Rock star sur aquarelle chez Delcourt Productions, puis Il faut y croire pour le voir (1996) avec Jean-Claude Forest, dans la très belle collection « Long Courrier » des Editions Dargaud, collabore à divers collectifs (Brassens 56-62 aux Editions Vents d’Ouest et Dessous Fripons aux Humanoïdes Associés) et enfin, en 1999, sur un scénario de Rodolphe, Les Quatre Morts de Betty Page (Editions P. et T. Productions). PM







