Dans la série des mythiques personnages de la BD franco-belge vus par des auteurs aux styles différents de ceux de leurs créateurs ou continuateurs, certains s’en dépatouillent manifestement mieux que d’autres. C’est le cas d’un Émile Bravo sur Spirou, mais aussi de Matthieu Bonhomme sur Lucky Luke. Ayant inauguré ce principe il y a tout juste dix ans, le virtuose graphiste revient avec une troisième aventure décalée du célèbre cow-boy qui tire plus vite que son ombre… Après avoir confronté ce dernier aux risques de la mort et de la vie de couple, il fait endosser le rôle du père à notre flegmatique héros au foulard rouge ! Un album au propos écologique, qui réussit à être à la fois réaliste, drôle et émouvant, et qui est superbement dessiné !
Lire la suite...La Bombe (éditions Albin Michel)
Qu’il est dur d’être une beauté fragile et sculpturale dans un monde de brute !(dessin de Stan & Vince, scénario de Benoit Delépine)
Créatrice de mode, la jeune et sculpturale Vic présente sa collection à Steven Bronstein, réalisateur de meurtriers « snuf movies », un genre cinématographique très à la monde dans le monde futuriste et ultra violent de l’an 2035. Instantanément tombée sous le charme du cynique flatteur , Vic perd rapidement sa virginité (au bout de quatre planches tout de même !).
Mais le vil réalisateur, au service du plus important laboratoire pharmaceutique de la planète, spécialisé en bio-technologie, n’a finalement besoin que de la somptueuse image et des mensurations parfaites de la belle, afin de créer une star virtuelle.
Il décide donc rapidement de se débarrasser de Vic qui, après sa virginité, en perd ses illusions. Rescapée, sa revanche sera terrible !
Faut dire qu’être croquée par un crocodile, se recouvrir de bouse d’éléphant, se faire à moitié violer par un homme puis une femme, … (j’en passe car le feuillet n’y suffirait pas), ça énerve !
Les auteurs Delépine, Stan & Vince, ont, quant à eux, plutôt l’air de s’amuser. Après avoir publié ensemble « L’Imploseur » (Albin Michel), il y a un an tout juste, ils remettent donc le couvert dans un environnement et avec une ambiance qui rappelle beaucoup leur œuvre précédente. Mais la comparaison s’arrête là. Car le corps du récit, un peu faible dans « L’imploseur », à l’intrigue bien mince et au second degré surdéveloppé, est ici plus équilibré. La narration plus appliquée permet une meilleur lisibilité qui ne nuit en rien à la dynamique du récit. Quant au dessins aux couleurs «bio-numériques », ils agrémentent le plaisir de lire cet album savoureux, qui réjouira les amoureux du genre, mais dont on regrettera malheureusement le final un peu trop précipité.






