Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...Les sarcophages du sixième continent 1, de Sente et Juillard
Il fallait oser le faire : montrer Mortimer sans barbe et Blake sans moustache, retracer les conditions de leur rencontre en Inde, ainsi que le passé mouvementé et amoureux de celui qui deviendra le professeur Mortimer.
Il fallait oser, Sente et Juillard l’ont fait. Et, avouons le, la partie dite de « flash-back » est la plus réussie de ce nouvel album, tant cette fraction du récit se révèle passionnante. C’est en effet dans les années 30, alors que Mortimer, jeune écossais frais émoulu de l’université, retrouve sa famille en Inde, que la machination de 1958, mise en place par une alliance entre le gouvernement russe et un mystérieux empereur indien âgé de 2000 ans, trouve ses racines. 1958, c’est l’année de l’exposition universelle de Bruxelles. Mortimer, qui dirige le pavillon britannique, tente de transmettre en direct, via une liaison radio, les battements de cœur du sixième continent, l’Antarctique. C’est en utilisant cette liaison que les terroristes frappent au cœur de l’exposition universelle, qu’ils cherchent à déstabiliser.
Si l’intrigue sophistiquée mise en place par Yves Sente ne trouve pas son terme au bout de cet album, celui-ci est suffisamment riche en révélations et émotions pour nous permettre de l’apprécier sans faire la fine bouche. Outre tous les personnages clés de la série créé par Edgar P. Jacobs, Nasir y compris, qui fait ici son grand retour, Sente met en scène un nouveau « méchant » dans la plus grande tradition. Quant à André Juillard, il témoigne majestueusement d’une maîtrise du graphisme ligne claire et des personnages créés par Jacobs. LT






