Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
Lire la suite...EXPOSITION TOPPI À LA LIBRAIRIE AAAPOUM BAPOUM
Nous vous en parlions récemment : la librairie Aaapoum Bapoum accueille en ses murs une très belle exposition Toppi à l’occasion de la sortie de l’intégrale du « Collectionneur » éditée chez Mosquito, et ce jusqu’au 15 janvier 2011. Magnifique, évidemment?

Certains trouveront peut-être que nous parlons trop de Toppi sur ce site, mais réfléchissons deux secondes et ne perdons pas de vue que Sergio Toppi est peut-être le dernier grand monument de la bande dessinée italienne encore vivant – je parle de cet âge d’or incarné par Pratt, Battaglia, Micheluzzi, et bien sûr Toppi. Vivant et bien vivant, puisque malgré son âge vénérable, l’homme continue de créer, plus libre que jamais dans son expression et ses envies… Un mythe qui continue de créer comme un jeune homme : comment pourrait-on passer à côté de ça ? Ce serait incompréhensible pour tout fan de bande dessinée digne de ce nom…

Jeudi 16 décembre 2010, Michel Jans est venu présenter l’exposition lors du vernissage, accompagné de Kamil Plejwaltzsky, un spécialiste de Toppi avec qui il aborda le parcours et l’art du grand Italien pour le grand plaisir de tous les convives. Plus que son éditeur, Michel Jans est devenu un véritable appui pour Toppi, lui offrant une ouverture créatrice et un soutien remarquables.

Aux murs, de superbes planches issues de la cinquième aventure du Collectionneur, dernier opus initié par Michel Jans qui en soumit l’idée à Toppi. Cette création tardive par rapport aux quatre premiers tomes de la série rend magnifiquement compte de l’évolution de l’artiste, portée par une liberté de trait admirable. Un bonheur pour les yeux…

Outre les planches, certaines illustrations du « Collectionneur » sont présentes, complétant avec bonheur l’univers exposé.

Les heureux visiteurs de l’exposition auront aussi le privilège de voir de sublimissimes illustrations en couleurs tirées de l’ouvrage « Bestiaire » paru il y a peu chez Mosquito. Des visions colorées et architecturales où tout le génie de Toppi explose. On ne se lasse pas d’explorer du regard ses audaces graphiques, ses agencements de couleurs et de formes créant des compositions plus passionnantes les unes que les autres…

Les expositions sur le travail de Toppi sont trop rares pour qu’on puisse se permettre de les rater, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Cecil McKINLEY
Exposition Toppi, du 16 décembre 2010 au 15 janvier 2011 à la librairie Aaapoum Bapoum (14 rue Serpente, 75006 Paris, ouverte tous les jours de 11h00 à 21h00, 01 44 07 37 72, M° Saint-Michel ou Cluny).













