Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...La bande dessinée, c’est de l’art ?
Si la réponse semble évidente aux internautes de BDzoom.com, il n’est pourtant pas toujours facile de le démontrer efficacement à un lectorat peu habitué à se délecter de ce que l’on appelait autrefois — il n’y a encore pas si longtemps — des illustrés, ou à une soi-disant élite qui considère toujours la BD comme un art mineur, restant totalement hermétique à l’idée que certains puissent oser la placer au rang de neuvième ! Le bel ouvrage « Art et BD » de Christophe Quillien (aux éditions Palette…), très bien illustré et bénéficiant d’une préface du regretté critique et historien d’art Pierre Sterckx, permet de répondre aisément à cette question. En effet, il nous permet de prouver que, comme l’art, la bande dessinée sert à ouvrir notre regard sur le monde, à nous faire rêver, à nous inciter à réfléchir…

Habitué aux ouvrages généralistes destinés au grand public, ce qui ne les empêche pas d’être bien documentés, le journaliste à The Good Life et à Air le mag y accumule les exemples de relations entre l’art et la bande dessinée fonctionnant à double sens.
Car si la BD s’inspire de l’art, elle l’influence aussi !
En effet, on ne compte plus les artistes, de Gustave Doré à Wim Delvoye, en passant par Roy Liechtenstein ou Erró, qui lui empruntent ses codes graphiques ou son langage narratif.
Grâce à ce joli petit album de quatre-vingt-dix pages remplies de cases appropriées dues à George Herriman, Winsor McCay, Hergé, Albert Uderzo, André Franquin, Jean Giraud, André Juillard, Jacques Tardi, François Schuiten, Enki Bilal, Lorenzo Mattotti, Joann Sfar, Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu, Katsuhiro Otomo…, le doute n’est plus permis, la BD est bien une discipline artistique à part entière !
Est-ce plus clair monsieur Finkielkraut ?












Ping : La bande dessinée, c’est de l’art ? | Mass