Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Nouveaux auteurs pour « Boule et Bill » !
Avec « Bill est un gros rapporteur », trente-septième album (1) de la série créée par Jean Roba dans les pages de l’hebdomadaire Spirou en 1959, Boule et Bill changent une nouvelle fois de parents… de plume et de crayon. Élève du créateur des personnages, Laurent Verron a respecté à la lettre les codes de la série tout au long des 8 albums qu’il a signés, associé à plusieurs scénaristes dont Cric, Pierre Veys et Corbeyran. C’est un couple plus classique, scénariste et dessinateur, qui prend le relais, semble-t-il, pour le meilleur : Jean Bastide et Christophe Cazenove.
Christophe Cazenove, né en 1969, s’est taillé un costume de spécialiste du gag en une planche au sein des éditions Bamboo, en signant des séries aussi fameuses que « Les Pompiers », « Les Gendarmes », « Nostra », « Les Sisters », « Les Petits Mythos » ou encore « Les Fondus ».
C’est donc sans le moindre problème qu’il se glisse dans le costume du scénariste des aventures délirantes du jeune garçon et de son cocker. Boule, Bill, Pouf, Caroline, sans oublier les parents, sont cuisinés à toutes les sauces (parfois épicées) par un pro du scénario dont on ne peut que saluer le choix.
Plus étonnant est celui du dessinateur, certes brillant dès ses débuts, mais habitué à fouler des régions plus réalistes.
Coauteur de trois superbes albums de « La Guerre des Sambre » d’Yslaire ou d’une adaptation en cours de « Notre-Dame de Paris », on ne l’attendait pas dans ce nouveau créneau.
Pourtant, il plante avec respect les décors de l’univers indémodable imaginé par Roba et ces personnages toujours aussi savoureux. Tout est là pour nous rappeler le petit monde familier de cette famille tout en rondeurs rassurantes, bien de chez nous.
Seules les couleurs, signées Luc Perdriset et Bastide, semblent plus chaudes, moins pétantes que dans les albums précédents, mais elles rendent l’ensemble plus chaleureux.
Il n’est pas indiqué si Laurent Verron reviendra de temps à autre avec de nouveaux albums, mais nous sommes rassurés : cette nouvelle famille d’accueil est talentueuse et prometteuse.
Henri FILIPPINI
(1) Cet album cartonné de 48 pages en couleurs sera mis en vente le 18 novembre en librairie par les éditions Dargaud, au prix de 10,60 €.












C’est bien que Verron ne soit plus le dessinateur de cette série.
Il n’y a rien à dire sur son travail.
Mais en festival, il fait des fresques et ne dédicace presque pas.
Des parents achètent des BD pour leur enfants qui repartent déçus de ne pas avoir leur dédicace.
Des auteurs comme Sobral ou Julien Nell assurent bien plus.