Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...EMILE BRAVO RECOIT LE PRIX DES LIBRAIRES
Mercredi 2 juillet avait lieu la remise officielle du Prix des Libraires de Bande Dessinée 2008 dans les locaux de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne à l’auteur de « Spirou : Le journal d’un Ingénu ».
Laurent TURPIN
Décidément, pour fêter les 70 (septante) ans de Spirou, jeune groom espiègle et déluré, créé pour le périodique belge éponyme par Rob-Vel le 21 avril 1938, les éditions Dupuis ont fait très fort ! Outre d’importantes manifestations (comme les grandes expositions consacrées à l’hebdomadaire de Marcinelle sises au Centre Belge de la Bande Dessinée et à la Maison de la BD ou la gravure exceptionnelle d’une pièce de monnaie de collection) ainsi qu’une nouvelle formule du journal particulièrement réussie (le rédacteur en chef, Frédéric Niffle, ayant réussi à satisfaire modernes et nostalgiques, sans dénaturer l’esprit du magazine), elles publient une aventure originelle que nous n’hésitons pas à qualifier de chef-d’œuvre ! En s’appuyant sur la genèse du personnage principal afin d’expliquer les traumatismes qu’il a subis à l’approche de la Deuxième Guerre mondiale, Emile Bravo (le génial papa de la série « Jules ») s’approprie la jeune adolescence du petit employé du Moustic-hôtel de Bruxelles, tout en dynamitant les principes conservateurs (autant sur le plan sociologique, politique que moral) qui ont présidé à la marque de fabrication de la bande dessinée belge de l’époque. Tout y est dévoilé : son premier amour, la naissance de son amitié avec le journaliste Fantasio et de sa conscience politique, son rôle dans le déclenchement du conflit à venir et les dessous du pacte germano-soviétique, les penchants inavoués des réceptionnistes et des soubrettes d’origine juive… Bref, un scénario particulièrement inventif, déjanté et maîtrisé à la fois, qui nous aide à mieux comprendre l’évolution humaniste de ce gamin malin, le tout enluminé par un graphisme classique et des couleurs adéquates (dues à Delphine Chedru) s’adaptant parfaitement aux années 1930 : en trois mots, du grand art !
Gilles RATIER











