Baru, solide comme un rock !

Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (une ville de 15 000 habitants de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…

À travers sept histoires indépendantes, qui se répondent pourtant, comme autant de guitares électriques jouées par les plus grands, Baru raconte quelques bribes de son existence avec cette musique et nous démontre que le rock est également, et avant tout, un cri de défi contre le vieux monde, une façon de vivre, une rébellion !

L’ouvrage commence par cet événement remontant au 17 octobre 1966 et que l’auteur présente lui-même à deux jeunots attablés dans le bistrot local… Les vieux membres du comité des fêtes de l’époque pensaient alors aux gamins de leur âge de Villerupt qui, croyaient-ils, n’avaient d’yeux (ou plutôt d’oreilles) que pour Johnny Hallyday. N’ayant pas réussi à faire venir cette vedette — qui, pour Baru et ses potes, était déjà « tombé dans les poubelles du yéyé » depuis des lustres —, ils se sont rabattus sur un jeune type, inconnu au bataillon : un certain Jimi Hendrix, qui a joué pendant 15 minutes avec ses musicos du moment, dont le fameux « Hey, Joe ! »… Évidemment, ça ne leur dit rien aux mômes à qui Baru s’adresse, alors que pour lui et ses copains adolescents qui étaient présents, parce qu’ils n’avaient rien d’autre à se mettre sous la dent, « Le ciel nous est tombé sur la tête. »

Et les récits suivants sont du même tonneau, car depuis plus de 50 ans, notre auteur écoute du rock en faisant péter les basses, s’habille en noir avec un jean, un tee-shirt, un blouson et des bottes en cuir : la tenue du vrai rocker !

En attendant le second tome qui mêlera aussi témoignages et autobiographie (et qui est prévu pour l’an prochain), ce « Salauds de baby-boomers » de Baru s’ouvre sur un hommage de Lax et se termine sur « Un long poème electric » où l’on croise ses poteaux de la BD que sont Florence Cestac, Jano, Frank Margerin, Charles Berberian, Jean-C. Denis et Philippe Vuillemin : que des « enfants aux cheveux blancs » de sa génération qui, comme lui, ont pris conscience, dans cette période plus insouciante que celle d’aujourd’hui, de leur envie de bouger et d’être libres…

Gilles RATIER

(1) Sur Baru, voir sur BDzoom.com : Baru, président !!!Smala macaroni et tutti quanti…« The Four Roses » par Jano et Baru« Canicule » par Baru [d’après Jean Vautrin]Du Baru plein les yeux et les oreilles !« Fais péter les basses, Bruno ! » par Baru, L’Enragé T2, L’Enragé T1

« Rock’n’roll T1 : Salauds de baby-boomer » par Baru 

Éditions Futuropolis (22 €) — EAN : 9782754847933

Parution 11 mars 2026

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6 réponses à Baru, solide comme un rock !

  1. Julien dit :

    Admirable constance d’un auteur,fidèle à une ligne de vie,de voyages, d’un son…
    Et l’art de vous emmener dans sa virée pleine d’inattendus, de grâce et de rencontres.
    C’est bien cela la lecture de Baru,un raconteur d’histoires et d’une putain (pardon) de foi en l’humanité, qui plus est dans un monde agressif, bas de plafond, et intolérant!
    Au Pythagore, et les « rêveurs »,on lui a dressé de beaux, de très beaux bouquins.
    Lectures jamais épuisées.

  2. Capitaine Kérosène dit :

    La planche reproduite deux fois, c’est pour jouer au sept erreurs ?
    Je n’en ai trouvé aucune.

    • Gilles Ratier dit :

      Ce petit cafouillage visuel est réparé…
      S’occuper d’un site avec une attention soutenue n’est pas toujours facile (rires), merci d’être indulgent…
      Bien cordialement
      La rédaction

  3. Therby dit :

    Bonjour, oh le bel ouvrage que voilà, accompagné d’un son qui m’accompagne depuis longtemps.
    Dessins et rock, quoi d’autre pour rêver en ces temps intolérants. Vite écoutons de nouveau Soul Sacrifice de Santana.

  4. PATYDOC dit :

    Villerupt n’était pas un « bled » comme vous l’écrivez méchamment : c ‘était une ville de 15000 habitants en plein boom industriel. Il faut arrêter avec le misérabilisme, le déclin n’a commencé que dans les années 80. Et la région est-elle vraiment sinistrée aujourd’hui, alors qu’une part non négligeable de la population travaille au Luxembourg ?

    • Gilles Ratier dit :

      Ah ! Patydoc est de retour : il nous manquait avec ses jugements à l’emporte-pièce !
      Aucune méchanceté ni même de misérabilisme dans mes propos, mais puisque vous interprétez une fois de plus mes propos, je vais modifier légèrement ma phrase : il est vrai que nous vivons dans un monde où tout ce qu’on dit ou écrit est sujet à caution…
      Bien cordialement
      Gilles Ratier

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