Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Chloé Cruchaudet, jeune auteure de 32 ans, a reçu hier soir le Prix René Goscinny pour son 1er album GROENLAND MANHATTAN.
Ce prix récompense chaque année un jeune scénariste ayant publié au maximum 3 albums, pour l’encourager à continuer sa carrière prometteuse.
Présidés par Anne Goscinny et JUL, lauréat l’an dernier, le jury a décerné ce prix à Chloé Cruchaudet pour son album Groenland Manhattan, qui dénonce les désastres causés par l’idéologie raciste de l’anthropologie naissante au XIXe siècle. Chloé Cruchaudet retrace l’histoire vraie d’un jeune ?Esquimau? déraciné, exhibé avec sa famille comme des fossiles vivants… Un destin dramatique superbement mis en image.
Annoncé au Pavillon Ledoyen le 8 décembre, immédiatement après la délibération du jury, le prix sera officiellement remis lors de la cérémonie de remise des prix du prochain Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême (du 29/01 au 1/02/2009).
? Groenland Manhattan ? par Chloé Cruchaudet – Editions Delcourt (16,50 Euros)
Le début : 1897. L’explorateur Robert Peary regagne New York après une mission au Groenland et ramène dans ses bagages cinq ?Esquimaux?, parmi lesquels Minik, un garçon de dix ans, et son père. Véritable objet de curiosité, le petit groupe est logé dans les sous-sols du Museum d’histoire naturelle. Mais, en l’espace de quelques mois, la tuberculose a raison de ces grands hommes du Nord et seul Minik survit. Adopté par l’un des conservateurs du Museum, il s’adapte peu à peu à sa nouvelle destinée. Mais sa vie bascule le jour où il découvre dans une vitrine du musée le squelette de son père…
La chronique de Gilles Ratier, de www.bdzoom.com : En retraçant l’expédition au Groenland de Robert Peary, et surtout ses conséquences (en effet, cet explorateur américain ramena quatre Esquimaux pour étudier leur acclimatation à la vie new-yorkaise, en 1897), Chloé Cruchaudet livre ici son véritable premier album de bandes dessinées dans la belle collection « Mirages » de chez Delcourt. Cette jeune lyonnaise n’avait, en effet, réalisé, jusqu’à présent, que quelques petits travaux (dont une courte biographie de Joséphine Baker chez Nocturne et une participation aux « Fables de La Fontaine » chez le même Delcourt). Là, elle nous assène une narration efficace à défaut d’être originale et un dessin expressif à défaut d’être totalement maîtrisé ; et l’ensemble tient formidablement bien la route : le lecteur n’ayant aucune difficulté à s’apitoyer sur le sort du petit Minik, cet Inuit haut comme trois pommes, arraché à sa terre polaire, qui va découvrir une culture étrangère, complètement différente de la sienne. Voici donc des débuts très prometteurs, et un sujet qui ne peut pas nous laisser insensible !
La biographie de Chloé Cruchaudet : Chloé Cruchaudet est née à Lyon en 1976. Grâce à ses parents bouquinistes, elle baigne très tôt dans l’univers du livre. Ayant à disposition un éventail très large de la production graphique : Pilote, Charlie, et des vieux numéros du Rire ou de L’Illustration, elle devient une boulémique de lecture. Au collège, elle voue un véritable culte à Franquin, Boucq, Gossens… et ses coups de coeur d’aujourd’hui : Emmanuel Guibert, Blutch, Christophe Blain, Gipi ou Frederik Peeters. Après des études d’architecture puis d’art graphique à Lyon, elle suit l’école des Gobelins en cinéma d’animation. Les cours développent son goût du croquis sur le vif, une approche cinématographique notamment avec le travail du story-board, dont on retrouve l’influence dans ses planches. Elle participe à des collectifs de bande dessinée, ainsi qu’à une biographie de Joséphine Baker (Nocturne). Pour l’écriture, elle s’inspire d’histoires vécues; de livres historiques, d’autobiographies ou de reportages vus à la télé. Passionnée d’études sociologiques et de témoignages historiques, elle tombe sur l’histoire de Minik. Cette histoire la touche tellement qu’elle cherche à en savoir plus. D’archives en archives, le destin de ce jeune esquimau la bouleverse et elle ressent le besoin de mettre cette histoire en images.






