Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Une Histoire d’hommes » par Zep
Le créateur de « Titeuf », Grand Prix d’Angoulême en 2004, se détache du mode humoristique qui a fait son immense succès populaire. Transformant son trait pour le rendre réaliste, tout en conservant son style graphique, l’auteur qui déclare s’être « libéré de la dictature du gag » publie aujourd’hui une histoire réaliste au ton mélancolique qui marque un véritable tournant artistique dans sa carrière.
La publication de ce nouvel album aux tonalités sensibles était un des événements attendus de cette rentrée 2013. Un double événement, même, puisque celle-ci marque également le lancement de Rue de Sèvres, la nouvelle maison d’édition BD dirigée par Louis Delas, l’ancien directeur général des éditions Casteman (voir : Zep, figure de proue de Rue de Sèvres, la nouvelle structure éditoriale BD de Louis Delas). Bien sûr, la notoriété médiatique du créateur de « Titeuf » est telle que vous avez sûrement entendu parler de ce nouvel album : une bande de copains qui formaient le groupe de rock Les Tricky Fingers, vingt ans plus tôt, se retrouvent dans le manoir anglais de Sandro, l’ancien leader du groupe devenu une rockstar. Durant ce week-end, qui va changer leurs vies, ils se remémorent les concerts, la drogue, les amours passagères et modifient leurs perceptions d’alors.
Avec ce récit intimiste en quasi-huis clos, servi par un graphisme réaliste appuyé d’une palette de couleurs froides en bichromie, Zep élabore une histoire adulte touchant à la complexité des sentiments, tout en sensibilité, usant subtilement de flash-back pour dévoiler les caractères des protagonistes, les angoisses et combats des uns et des autres, les événements qui ont conduit à la fois à la rupture de leur association et leurs destins entremêlés.
Alors, serait-ce l’œuvre de la maturité pour un auteur trop abusivement catalogué dans la veine de l’humour potache par le grand public, image souvent relayée par les médias ? Ce serait injustement oublier ses ouvrages « Découpé en tranches » (initialement publié au Seuil et prochainement réédité chez Rue de Sèvres) et « Carnet intime » (chez Gallimard). « Non », écrit-il à ses lecteurs sur son site personnel (http://www.zeporama.com) : « Je n’abandonne pas mon dessin d’humour pour autant, mais ce n’est pas une parenthèse non plus. Désormais, j’ai envie de faire des livres dans ces deux directions. J’espère que ça vous plaira ! »
Une histoire d’homme, en somme…
Laurent TURPIN
« Une Histoire d’hommes » par Zep
Éditions Rue de Sèvres (18€) – ISBN : 978-2-36981-001-8











