Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Errance en Mer Rouge » par Joël Alessandra
Le voyageur est fondamentalement un errant, contrairement au touriste. Il accepte le hasard, le trajet aléatoire, où le vent le porte, où le portent ses pas. C’est aussi le cas des gens déprimés, dépressifs qui se laissent choir ou mener, malmener, par les événements, comme ce prof d’arts plastiques qui vient de perdre son épouse et qu’Alessandra met en scène. La mort est voyageuse, elle aussi !
Pour tenter, non pas d’oublier Anna, mais de bouger, de rebondir, Tom accepte un poste à l’étranger et c’est à Djibouti qu’il va remplacer un collègue. L’artiste commence par croquer, dans ses carnets, des visages, des scènes quotidiennes, des façades, le dessin constituant comme il dit un moyen de se sentir vivant. Un Blanc vivant parmi les Noirs, être l’étranger ailleurs, c’est d’abord perturbant, mais cela rapproche des autres et tout change. La mort éloigne des autres ; grâce à la vie, on s’en rapproche ! Et les carnets se remplissent des scènes typiques de la Corne de l’Afrique…
Pourtant, très vite, à l’exotisme il faut adjoindre l’entraide, la solidarité (donner des cours aux petits Djiboutiens), puis l’aventure. Elle viendra de Fred, un blanc trafiquant et sans état d’âme, qui sait tout de l’histoire locale (et tout, notamment, des fameux pirates du Golfe d’Aden). Ce propriétaire d’un boutre arrive à persuader notre prof un peu désœuvré de l’accompagner… au Yemen, pour de rocambolesques aventures. Un autre compagnon dans cette errance, c’est Henry de Monfreid, dont l’ombre et les récits planent au fil des pages (reproductions de couvertures, extraits de textes…).
Les pages de l’album reproduisent à foison des dessins de rue et des quartiers à main levée, alternant les pages de BD, les peintures pleine page, les croquis au feutre noir et de nombreuses aquarelles de bateaux, bref une diversité de styles qui fait de cette « Errance » une aventure en bande dessinée autant qu’un carnet de voyages, comprenant en fin d’ouvrage les photos d’un véritable périple de l’auteur.
Profitons-en pour rappeler l’album « Escales en femmes inconnues » que Joël Alessandra a publié l’an passé : voyages, là encore, mais féminins, sensuels, sexuels, tout autour du monde. C’est cru, charnel, érotique, et vous n’oublierez pas de sitôt certaines des femmes de cet album, éthiopienne ou chinoise, djiboutienne (tiens, tiens !) ou Indonésienne…
Alors bons voyages !
Didier QUELLA-GUYOT ([L@BD->http://www.labd.cndp.fr/] et sur Facebook) http://bdzoom.com/author/didierqg/
« Errance en Mer Rouge » par Joël Alessandra
Éditions Casterman (22,50 €) – ISBN : 978-2-203-07585-6
« Escales en femmes inconnues » par Joël Alessandra
Éditions Page 69 (15, 50 €) – ISBN : 979-1-0918-3502-2










Ping : « Errants, ô Terre, nous rêvions… » | A chacun sa lettre
magnifique résumé mais il faut le lire pour comprendre l’ensemble de l’oeuvre. Est ce qu’il y aura une suite?
Il avait publié également le très beau « Fikrie » aux éditions » la boite à bulles » , tous ses ouvrages nous transforment véritablement en voyageurs, en accompagnateurs de ses périples et découvertes dans l’intime des choses.