Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Cédric » T25 par R. Cauvin et Laudec
Parmi les garnements célèbres de papier, il y a le Petit Nicolas, bien sûr, imaginé par Goscinny et Sempé. Et puis, en bande dessinée, il y a Cédric, le petit blondinet.
Cette série familiale est née en 1989, de l’imagination féconde du scénariste belge Raoul Cauvin, infatigable raconteur d’histoires. Cédric a donc 22 ans d’existence et 25 albums à son actif. Pourtant, il ne vieillit guère, bloqué éternellement à l’âge de 8 ans. Il évolue dans le monde tendre d’une enfance préservée, au sein d’une famille unie, même si les coups de gueule ne manquent pas.

Dans la famille de Cédric, il y a le père, Robert, la mère, Marie-Rose, la vieille tante Jeanne, dont la maison est pleine de chats, et surtout, Jules, son pépé bien aimé. Cédric adore Jules, qui le lui rend bien. Quand il ne mobilise pas le fauteuil du salon à lire son journal, Jules se révèle être une personne pleine de ressources et, parfois, de fantaisie, malgré son fichu caractère. Avec sa tignasse blanche et sa moustache rebelle, c’est le portrait craché de son créateur, monsieur Cauvin.
Dans l’entourage du « gamin », il y a les amis de l’école, Christian, Lily, Caprice, et puis surtout la jolie Chen, dont Cédric est amoureux.
Ce vingt-cinquième album se lit avec toujours autant de plaisir. En l’ouvrant, on retrouve un univers familier et rassurant et l’on suit les personnages dans leur vie quotidienne, faite de petits riens qui rendent la vie belle parfois.
Fidèle à son habitude, Cauvin propose des récits courts, d’une ou deux planches, que Laudec croque d’un trait rond et enlevé.

L’on assiste ainsi au fiasco du spectacle de l’école, qui devait pourtant être un péplum flamboyant à souhait. On suit les affres de Cédric, qui n’ose toujours pas avouer son amour à Chan, malgré l’aide catastrophique de son ami Christian. On s’amuse quand Marie-Rose essaie de convaincre son père, à la mauvaise foi légendaire, de faire la vaisselle. On comprend les ravages que la Wii peut créer dans la famille : qui a dit que c’était une console réservée aux enfants. On part à la plage explorer les fonds marins. On assiste à quelques scènes de ménage très tonitruantes …
Au fil des albums, les deux auteurs tissent les fils d’une chronique familiale douce et tendre, presque intemporelle, où les lecteurs, petits et grands, peuvent trouver de l’intérêt. Cédric est un enfant attachant, et les personnages qui l’entourent ont gagné en épaisseur eux aussi. C’est tout l’intérêt de cette série classique, devenue incontournable.
Catherine GENTILE
« Cédric » T25 (« Qu’est-ce qu’il a ? ») par Raoul Cauvin et Laudec
Éditions Dupuis (10,45 €)









