Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Transperceneige : Terminus » par Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet
Était-il vraiment utile de faire une suite au « Transperceneige », bande dessinée mythique d’anticipation climatique prépubliée par le magazine (À suivre) en 1982, suivie par deux autres albums en 1999 et 2000, et dont le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho a réalisé un film à succès, il y a maintenant deux ans ? En refermant ce nouveau sombre et passionnant pamphlet antinucléaire qu’est « Terminus », il n’y a pas l’ombre d’un doute : la réponse est oui !
À la fin du troisième tome de ce périple où toute l’humanité survivante roule, sans but, à travers les étendues gelées d’une terre ravagée par un cataclysme climatique, le scénariste Benjamin Legrand (qui avait repris la suite du génial Jacques Lob, après le décès de ce dernier, dès le deuxième épisode) avait laissé les protagonistes dans le désespoir absolu, cherchant un lieu où il y aurait de la musique. Ils traversent une mer gelée, mais, de l’autre côté, il n’y a rien : seulement un enregistrement tournant en boucle pour des cadavres. Dans « Terminus », les derniers passagers du Transperceneige, à bout de force, vont descendre dans une espèce de gouffre pour essayer de trouver l’origine de l’énergie qui va pouvoir les sauver. En plongeant alors dans les entrailles d’une mystérieuse cité souterraine, ils apprennent qu’ils ne sont pas seuls sur terre, mais la société qu’ils découvrent relève du cauchemar…
Marqué par la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon et par la crise des migrants en Europe, le dessinateur Jean-Marc Rochette a ressenti l’urgence de se replonger dans ce monde angoissant, créant pour l’occasion un inquiétant ancien parc d’attractions fonctionnant grâce à l’énergie nucléaire d’une centrale qui le surplombe et dont les habitants, aux visages masqués par d’étranges masques de souris, s’occupent d’enfants nés difformes.
Si son dessin, qui semble parfois lorgner du côté des comics, se fait ici de plus en plus sombre et charbonneux, le scénario, dû à Olivier Bocquet (« La Colère de Fantomas » ou l’adaptation BD des machiavéliques polars de romancière suédoise Camilla Läckberg), hymne à la révolte et à la liberté de pouvoir choisir, est d’une limpidité, d’une efficacité et d’une émotion énergétiques !
Gilles RATIER
« Transperceneige : Terminus » par Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet
Éditions Casterman (25 €) – ISBN : 978-2203089419










