Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« La Différence invisible » par Mademoiselle Caroline et Julie Dachez
Témoignage sur le syndrome d’Asperger — une différence qui ne se voit pas —, cette étonnante et très pédagogique bande dessinée explique clairement ce trouble qui suscite encore de nombreux préjugés…
Même si le style graphique de Mademoiselle Caroline (auteure de plusieurs ouvrages humoristiques et autobiographiques tendance blog, mais aussi de « Chute libre, carnets du gouffre », chez le même éditeur, récit sur ses trois dépressions qui a suscité l’engouement des médias et des lecteurs) peut dérouter les lecteurs amateurs de BD classique, il convient parfaitement pour matérialiser les subtilités de cette forme d’autisme sans déficience intellectuelle, laquelle affecte la manière dont les personnes concernées communiquent avec les autres.
Après avoir découvert le blog de Julie Dachez (la scénariste de « La Différence invisible » qui raconte ici sa propre histoire, mais qui est aussi doctorante en psychologie sociale), Fabienne Vaslet lui suggère de faire part de son expérience dans une bande dessinée, de lui servir de relais dans le monde de l’édition et d’intermédiaire entre elle et la dessinatrice.
Son héroïne travaille dans une grande entreprise et vit en couple : elle donne l’impression d’être une personne normale. Pourtant, tout l’angoisse et elle a du mal à s’intégrer en société. Incomprise par ses collègues ou par son copain, elle vit de plus en plus mal sa situation, se rendant bien compte qu’elle a une réelle difficulté à vivre avec les autres. En faisant des recherches sur Internet, elle découvre une maladie dont les symptômes ressemblent à ses troubles : une forme légère d’autisme nommée le syndrome d’Asperger.
Elle va ainsi consulter différents médecins et, après de nombreux tests, elle sera diagnostiquée Asperger. Dès lors conseillée, prise en charge et suivie, sa vie va vraiment changer. Soulagée, elle prend conscience de son identité, comprenant, enfin, sa fatigue constante ou ses difficultés à saisir le second degré et à nouer des relations.
Cette tranche de vie, habilement racontée et mise en images, devrait aussi aider les proches — ou même les professionnels — à mieux comprendre les particularités de fonctionnement de ces personnes touchées par un syndrome qui touche, cependant, plus fréquemment les hommes. 
Gilles RATIER
« La Différence invisible » par Mademoiselle Caroline et Julie Dachez
Éditions Delcourt (22,95 €) – ISBN : 978-2-7560-7267-8













