Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...L’automne de La Revue dessinée…
Sous une couverture très sobre de François Maumont, ce treizième numéro de La Revue dessinée (228 pages en couleurs, 15 €, en kiosques et librairies ; voir www.larevuedessinée.fr) traite de sujets sérieux, tout en utilisant, parfois, un humour grinçant pour mieux les expliquer aux lecteurs.
Au rayon des grands récits, notons « Calais, terminus », reportage vif et glacial de Cyrille Pomès qui évoque le quotidien des migrants, « À l’état de projet » où Patrick Roger et Aurel se penchent sur l’élaboration de la fameuse loi Macron, « Corriger le tir » où Louise Fessard et Camille Polloni avec les images très sobres d’Aurore Petit — racontent l’histoire des flash-balls de sinistre réputation,
« Carnet de santé » par Charles Masson (médecin et dessinateur) témoigne sur les dérives de la protection sociale,
enfin avec « D’or et de plomb », Hélène Constanty et Thierry Chavant proposent une image nettement moins glamour, que dans la presse people, de Monaco et de la famille Grimaldi.
Ces articles de poids sont entrecoupés par les rubriques habituelles : « Langage » par James qui évoque le mot personne, « Sport » par Halfbob qui tente l’aventure à bord d’un catamaran, « Musique » par Arnaud le Gouëfflec et Nicolas Moog qui racontent Alex Chilton, « La Revue des cinés » où Jeff Pourquié décortique « In the Mood for Love », « Satire » par Fabrice Erre et Terreur Graphique qui se penchent sur le dessin d’humour…
Bien sûr, nous sommes loin des bonnes vieilles BD classiques, tant au niveau du contenu que du graphisme, mais il est plaisant de pouvoir revenir sur des sujets d’actualité souvent sérieux par le biais de l’image dessinée. Si vous pensez croiser « XIII » ou « Buck Danny » dans La Revue dessinée, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes curieux du monde qui vous entoure, n’hésitez pas : adoptez cette nouvelle conception de la BD.














