Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Au fil de l’eau » par Juan Díaz Canales
Dans un Madrid contemporain marqué par la crise, quelques papys républicains devenus receleurs et vendeurs à la sauvette afin d’améliorer leur ordinaire se font assassiner, les uns après les autres. Qui donc peut bien s’en prendre à ces sympathiques vieillards escrocs et, surtout, pourquoi ? Voilà un roman graphique atypique et bien poisseux, souvent empreint d’une certaine distance et drôlerie, réalisé entièrement, textes et dessins, par le scénariste de « Blacksad » et de la reprise de « Corto Maltese » !
Cette bande de vieux copains octogénaires, qui ont eu leur enfance marquée par la Guerre civile et la répression franquiste, sait donc se débrouiller pour traficoter en amateur à gauche et à droite, depuis que des millions d’Espagnols se sont, comme eux, retrouvés sur le carreau après l’embellie des années 1990 et 2000. En effet, cette population paupérisée ne se limite pas à nos braves pépés en proie au doute existentiel, mais touche aussi leurs enfants, petits-enfants, amis et proches enlisés dans des préoccupations sociétales et financières. Mais aujourd’hui, en plus, voilà que les patriarches roublards se font décimer un par un, juste avant leur dernier tour de piste : bizarre autant qu’étrange, non ?
Rares sont ceux qui souviennent que ce fut d’abord Juan Díaz Canales qui mit en images un chat noir qui allait bientôt devenir célèbre, dans une bande dessinée animalière policière montrée à son copain Juanjo Guarnido au sein du studio d’animation madrilène Lapiz Azul où ils travaillaient tous les deux, en octobre 1990. Le scénariste de « Blacksad » était donc déjà dessinateur ! Il nous le rappelle aujourd’hui avec cette palpitante intrigue au final à contre-courant — et donc quelque peu déroutant… — où son précis et expressif graphisme en noir et blanc, très proche des styles d’Alberto Breccia, Will Eisner ou Carlos Giménez (il y a pire comme influence !) fait merveille.
Pratiquement cent pages où le talentueux auteur, lucide, développe une réflexion universelle sur le temps qui passe à travers cette belle chronique sociale aux relents de polar !
Gilles RATIER
« Au fil de l’eau » par Juan Díaz Canales














Superbe album que je viens de terminer. C’était ma prochaine chronique prévue ppur la boutique Nebular roannaise. On y revient donc bientôt aussi