Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Les Tuniques bleues » : 60 albums, ça se fête !
Le 28 octobre prochain sortira des presses des éditions Dupuis le soixantième album des aventures des Tuniques bleues, personnages créés en 1968, dans les pages de Spirou, par Raoul Cauvin et Louis Salvérius (alias Salvé), afin de pallier le départ de Morris et de son héros Lucky Luke pour Pilote. Près de cinquante ans plus tard, le bébé ne s’est jamais aussi bien porté sous la plume et le crayon de deux (presque) octogénaires : Raoul Cauvin toujours au scénario et Willy Lambil, brillant successeur de Salvé après son brutal décès. Un pareil événement, ça se fête !
Tout d’abord avec l’album classique, « Carte blanche pour un bleu », où l’on voit ce brave caporal Blutch pousser tout au long du récit le fauteuil roulant où le malheureux sergent Cornélius Chesterfield est réduit à l’état de légume. Une aventure insolite et pleine d’émotion qui permet aux lecteurs de revivre quelques séquences marquantes du passé des deux héros, plus que jamais au cœur de la guerre de Sécession… « Et c’est vraiment un hasard que ce récit nostalgique soit le soixantième », affirme le malicieux Raoul Cauvin, déjà occupé à boucler le scénario du suivant.
Notons la performance de Willy Lambil, dont le trait est toujours aussi précis et dont le poids des années n’affecte en rien la maîtrise. Un régal qui nous permet de retrouver quelques protagonistes croisés au fil des épisodes de la série : Amélie Appletown, Cancrelat, Zizi Asphodèle… Tout cela donne une furieuse envie de relire tous ces albums désormais classiques de la BD franco-belge.
Autre événement, et pas des moindres, parution d’un gros bouquin de 120 pages sobrement baptisé « Les Tuniques bleues ».
Sous une belle couverture de Blutch (qui doit son pseudonyme au compagnon de Chesterfield), de Baba à Zidrou, 19 auteurs rendent des hommages vibrants, mais néanmoins délirants à ces héros sexagénaires : Blutch, Bodart, Chamblain, Clarke, Collin, De Jongh, Dutto, Frasier, Gloris, Goulet, Lapuss, Maltaite, Munuera, Pau, Schwartz et Sti.
Cette belle brochette d’auteurs, dont il faut saluer l’éclectisme, propose de courtes histoires autour de la guerre de Sécession et du duo de héros qui se savourent avec beaucoup de plaisir.
Signalons pour ceux qui souhaitent (re) lire les premiers albums de la collection que les éditions Dupuis viennent de publier la réédition chronologique des aventures dessinées par Salvérius, sous forme de deux superbes intégrales bénéficiant de dossiers richement illustrés signés Patrick Gaumer.
Henri FILIPPINI
« Les Tuniques bleues T60 : Carte blanche pour un bleu » par Willy Lambil et Raoul Cauvin
Éditions Dupuis (10,60 €), en vente le 28 octobre
« Les Tuniques bleues » : album collectif
Éditions Dupuis (19 €), en vente le 28 octobre

















