Pendant six mois, dans l’Europe en flammes du printemps 1916, une troupe de jeunes artistes va investir le Cabaret Voltaire : un lieu de culture appelé à devenir mythique, situé à Zurich, dans la rue où demeura Lénine. Poètes, théâtreux, musiciens, peintres ou plasticiens, ils s’en prennent tous aux codes du vieux monde, en présentant des spectacles iconoclastes prônant l’insoumission des esprits et la révolte des sens. Avec cette mise en images et cases — par moments éclatées — de la genèse du mouvement dada (précurseur du surréalisme), le scénariste José-Louis Bocquet et le dessinateur-fondateur du groupe rock-punk Starshooter qu’est Kent ont réalisé une bande dessinée historique marquante sur l’origine de rébellions artistiques contemporaines.
Lire la suite...Il était une fois « Idées noires »…
« Gaston Lagaffe » est né en 1957 dans l’hebdomadaire Spirou, André Franquin nous quittait en 1997 et les « Idées noires » ont débarqué en 1977 dans Le Trombone illustré : autant de bonnes raisons pour que 2017 s’annonce comme l’année Franquin !
Alors que l’exposition « Gaston : au-delà de Lagaffe » vient de s’ouvrir à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou (visible jusqu’au 10 avril prochain), que l’hebdomadaire Spirou compte bien faire la fête à « Gaston Lagaffe » tout au long de l’année 2017, pour son 60ème anniversaire (on en reparlera), Fluide Glacial revient sur les « Idées noires », l’une des dernières créations du génial dessinateur belge, né en 1924.
Facette sombre de l’œuvre d’un créateur dépressif selon certains ou simple plaisir de faire des grimaces, craintes du vieillissement, de la maladie, du cercueil, selon l’auteur qui déclarait « “Idées noires” : c’est Gaston trempé dans la suie ».
En humaniste jovial et drôle qui ne se prend pas au sérieux, Franquin s’attaque aux politiques cyniques, aux bétonneurs, aux militaires galonnés, et à tous ceux qui concourent à détruire la planète.
Fluide glacial, qui a hébergé dans ses pages certaines de ces « Idées noires » (jusqu’en 1983) après la disparition prématurée du Trombone illustré, consacre un superbe numéro Série Or à ce chef d’œuvre de l’humour noir, dont les thèmes inquiétants n’ont, hélas !, pas pris une ride. C’est le parcours de l’auteur, tout au long des années 1970 et 1980, qui est ici évoqué grâce aux témoignages de proches et d’amis comme sa fille Isabelle, le récemment disparu Gotlib (qui lui avait ouvert les pages de Fluide glacial), Frédéric Jannin, Daniel Goossens, Edika, Philippe Foester… mais aussi d’auteurs de la nouvelle génération : Jean-Yves Ferri, Fabrice Erre, Yan Lindingre, Pixel Vengeur… Outre la reprise de nombreuses « Idées noires », dessins, photos et documents inédits illustrent cet ouvrage.

Ainsi, il propose habilement aux admirateurs de Franquin de (re) découvrir la facette la plus sombre de l’œuvre du dessinateur de « Spirou et Fantasio » et du créateur de « Gaston Lagaffe ».
« Dès la première Idée noire, Franquin a l’air de dire : “Attention, là ce n’est plus de la rigolade comme avant !” Il annonçait la couleur, c’est-à-dire le noir et le blanc… » : une réflexion, signée du regretté Gotlib, lequel résume parfaitement les « Idées noires ».
Cet ouvrage immanquable sera proposé en deux versions : brochée en kiosques le 22 décembre (6,95 €), cartonnée en librairies le 18 janvier (19,90 €, avec un complément de vingt pages).














