Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Florida » par Jean Dytar
Après les miniatures persanes de la fin du XVe siècle (« Le Sourire des marionnettes ») et les débuts de la perspective dans la peinture vénitienne de la Renaissance (« La Vision de Bachhus »), Jean Dytar (1), par ailleurs, professeur d’art plastique à Lyon, s’intéresse, cette fois-ci, à une autre représentation imagière : la cartographie, laquelle était en plein développement en cette deuxième partie du XVIe siècle où il situe son nouveau roman graphique qui comporte pratiquement 250 pages mêlant, avec délicatesse, émotions intimes et grandes découvertes historiques.
Dans le contexte dramatique des guerres de Religion, ce singulier et talentueux auteur, nous relate donc, avec toujours le même souci de précision documentaire et la même subtilité humaniste, le parcours de Jacques Le Moyne : authentique illustrateur et cartographe, projeté malgré lui dans les tentatives d’expansions colonialistes françaises, notamment dans l’une de celles menées en Floride par les huguenots (alors persécutés, ils étaient à la recherche d’un territoire refuge pour s’établir), qui se solda par un échec cuisant.
Alors que ses amis anglais ne ménagent pas leurs efforts pour le convaincre de participer à une nouvelle expédition, cet homme taciturne et replié sur lui-même, qui s’est réfugié avec sa famille, à Londres, pour échapper aux percussions catholiques, n’évoque jamais sa traumatisante expérience passée dans les territoires du Nouveau Monde.
Pas même, du moins dans un premier temps, à son épouse, Éléonore : une femme qui, après s’être occupée pendant de longues années de son mari et de ses filles, a, de son côté, la volonté de s’émanciper en essayant de contribuer, à sa façon, au travail de son époux.
Cet exceptionnel récit psychologique, fort bien écrit et qui joue habilement sur les couleurs, les tons, les mises en scène et les ambiances, s’appuie sur un fond historique peu connu afin de dresser une véritable cartographie de l’âme humaine : ses rêves, ses espoirs, ses expériences et ses souffrances…
(1) Sur Jean Dytar, voir sur BDzoom.com : « La Vision de Bacchus » par Jean Dytar, « La Vision de Bacchus », 11e Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique !, Entretien avec Jean Dytar, auteur de « La Vision de Bacchus » et « Le Sourire des marionnettes » et « La Vision de Bacchus » exposée à Blois.
Éditions Delcourt (29,95 €) — ISBN 978-2-413-00978-8
















Sans exagérer, ce monsieur Dytar vient de réaliser son troisième bijou, une oeuvre dense, originale, un régal pour les yeux et l’esprit. Trois albums, trois parfaites réussites !