Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Swan T1 : Le Buveur d’absinthe » par Néjib
Si le graphiste Néjib avait déjà impressionné la critique avec son très documenté roman médiéval graphique « Stupor mundi » (également publié chez Gallimard, en 2016), son nouvel ouvrage, tout aussi soucieux des sources historiques, est le premier tome d’une série située dans le Paris des impressionnistes. Elle raconte la naissance de l’art moderne, sans tomber dans le didactisme à tout crin, grâce à un scénario effervescent, dont la technique narrative est complètement maîtrisée, soutenu par un graphisme toujours très jeté et épuré, mais aux compositions bien plus denses que celles que l’auteur a pu réaliser précédemment !
Cet axe documentaire permet aussi, à ce diplômé des Arts déco, d’évoquer le rôle dévolu aux femmes de l’époque, et particulièrement leur difficulté à s’imposer, autrement que comme modèles, aux membres influents de l’Académie… 
« Le Buveur d’absinthe », titre d’un tableau qui fit scandale, peint par un Manet alors inconnu et dont les œuvres personnelles sont systématiquement refusées au Salon de peinture, se déroule en 1859, alors qu’une jeune fille nommée Swan et son frère Scott débarquent des États-Unis, afin de vivre dans la capitale des arts qu’est alors Paris et essayer de percer dans la peinture. Manifestement plus talentueuse que son frère, l’héroïne part quand même avec un sacré handicap : sa condition de femme. En effet, l’art avec un grand A est encore considéré comme une affaire uniquement réservée aux hommes. 
En pleine métamorphose menée par le baron Haussmann, la capitale française foisonne de talents sans le sou et qui ne sont absolument pas reconnus par l’ordre établi : que ce soit à l’école des Beaux-Arts ou dans les bistrots.
Le parcours vers la reconnaissance artistique des personnages fictifs créés par Néjib (qui croisent toutefois des personnalités ayant réellement existé), sera, évidemment, semé d’embûches… : cette situation romantique, quelque peu similaire à celle que vivent les nombreux graphistes, illustrateurs ou dessinateurs d’aujourd’hui, est habilement suggérée par le sens inné du découpage et du dynamisme de cet auteur au trait vraiment original…
« Swan T1 : Le Buveur d’absinthe » par Néjib















