Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Claude Renard : la fin du Neuvième Rêve…
C’était au temps lointain où la bande dessinée s’amusait à faire sa révolution. En France, bien sûr, mais aussi en Belgique où en 1976 Claude Renard, un professeur de l’Institut Saint-Luc de Bruxelles crée un cours de bande dessinée pas comme les autres : l’Atelier R. Il vient de nous quitter le 17 février à l’âge de 72 ans des suites d’une longue maladie. C’était au temps où on commençait à rêver à une autre BD au pays des gros nez.
Né le 10 août 1946 dans le Hainaut, Claude Renard a étudié la peinture à l’école Saint-Luc de Bruxelles, tout en suivant les cours donnés par le dessinateur Eddy Paape (« Marc Dacier », « Luc Orient »). Devenu son assistant, il prend sa succession en 1976 et crée la même année un cours baptisé l’Atelier R. Toute une génération de jeunes dessinateurs souhaitant rajeunir la classique bande dessinée belge se bouscule à ses cours, dont beaucoup deviendront des créateurs de premier plan : Benoît Sokal, Antonio Cossu, Andréas, Philippe Foester, François Schuiten, Yves Swolfs, Philippe Berthet et bien d’autres. Avec le concours de certains d’entre eux il anime une luxueuse revue annuelle, Le 9° Rêve dont cinq numéros sont publiés par A. Moons, Louis Musin, les éditions des Archers et enfin Magic-Strip, entre 1977 à 1984.
C’est en France, dans les pages de Métal hurlant, mensuel qui lui aussi réveille les vieux codes de la BD, qu’il publie en 1980 « Aux Médianes de Cymbiola » avec son ancien élève François Schuiten. Un an plus tard le duo propose « Le Rail » toujours dans la revue des Humanoïdes associés qui en éditent les albums. A cette époque, ils travaillent sur les costumes et les décors du film « Gwendoline » de Just Jaekin. En 1983, Claude Renard se lance seul dans une autre bande dessinée toujours pour Métal hurlant, « Ivan Casablanca » avec le concours de Jean-Luc Fromental au scénario du second et dernier épisode (albums en 1984 et 1986).
Il délaisse peu à peu la bande dessinée pour l’illustration d’ouvrages tout en travaillant pour le théâtre et le monde du spectacle. On lui doit l’illustration de plusieurs ouvrages pour la plupart écrits par Yves Vasseur, « Les Elfes de Pomariolus », « Moneuse », « Galilée journal d’un hérétique », « Lettres à Matisse », « Un goût de biscuit au gingembre », « L’Ange de Mons » publié en 2014… Il est le père du talentueux dessinateur Romain Renard né en 1975 (« American Seasons », « Un héros de glace », « Melvile »…), à qui toute l’équipe de BDzoom.com adresse ses
plus sincères condoléances.
Formidable enseignant, Claude Renard a indiqué de nouvelles voies à toute une génération d’auteurs. Plus modeste, sa carrière de dessinateur mérite d’être redécouverte.
Henri FILIPPINI













