Que voilà un bien bel et ambitieux album — même s’il pourra, peut-être, sembler déconcertant à certains —, mêlant civilisations antiques et science-fiction ! À une époque lointaine, à des millénaires avant notre ère, les hommes tentent de s’organiser dans les premières cités-États de Mésopotamie. Une entité extraterrestre est envoyée sur notre Terre pour retrouver son prédécesseur (qui a disparu en pleine mission) et en profiter pour observer cette curieuse espèce humaine qui est en train de découvrir les croyances en divers dieux. Ainsi, elle apparaît sous la forme d’une prêtresse d’Ishtar : la déesse de l’amour et de la guerre… Avec son graphisme somptueux, l’artiste flamand Simon Spruyt pose un regard aussi futuriste que décalé sur la naissance des mythes fondateurs !
Lire la suite...CONNAISSEZ-VOUS « FOXY GRANDPA » ?
L’attendrissement d’un grand-père ou les malices d’un aïeul ? Tel serait le thème de Foxy Grandpa, dessiné par Carl Edward Schulze – dont le pseudonyme, Bunny, et la signature accompagnée d’un petit lapin feront carrière dans la bande dessinée
Notre personnage central présente tous les aspects du bon Grandpa. À son allure, on l’imagine bien tout juste sortir de son fauteuil dans un intérieur cossu. Son visage semble venir d’un tableau d’Ensor : une tête énorme, les yeux tout ronds derrière ses lunettes, le cigare au coin des lèvres ; l’expression peut paraître naïve et amusée. Ses deux petits-fils d’une dizaine d’années, l’un blond, l’autre brun, très semblables à Max et Moritz (de Wilhelm Bush) ou à Hans et Fritz (de Rudolph Dirks), trouveraient en lui la proie idéale à leurs canulars hasardeux. Mais notre « vieux renard », bien plus malin qu’eux, sait détourner leurs farces et se joue d’eux en les prenant à leurs propres pièges.
Ainsi, avec un graphisme simple aux aplats colorés, Foxy Grandpa s’inscrit parmi les bandes dessinées mettant en scène des séquences de la vie turbulente enfantine, en vogue aux États-Unis au début du siècle. Aujourd’hui encore, on nomme un viel homme rusé un foxy grandpa, alors que son origine même est oubliée.
La série paraît le 7 janvier 1900 dans le supplément du dimanche du New York Herald, puis dans le New York American, à partir du 16 février 1902. Rapidement, le succès la place en première page ; une comédie musicale s’en inspire. Mais le manque de renouvellement et le ralentissement des publications la fait passer, de 1910 à 1918, au New York Press. L’apparition de Bobby, au début des années vingt, ne parvient pas à la ranimer. Intitulée, en 1923, Foxy Grandpa’s Stories et diffusée par le Newspaper Features Service en une seule illustration, dans la rubrique jeunesse, elle devient épisodique et secondaire, avant de disparaître en 1929.
Claude Moliterni






