Attention, attendez-vous à ne pas lâcher les 340 captivantes pages de ce roman graphique addictif, tenant à la fois du thriller, du film catastrophe et de la saga familiale. Prévu à l’origine pour la télévision belge, le récit a été entièrement réécrit pour le support BD, tout en gardant les codes de la série TV… À la suite d’une tempête solaire à l’échelle mondiale, une coupure de courant généralisée s’éternise et entraîne une cascade d’infinis bouleversements. L’habile et puissant scénario de Romain Renard (1) et d’Olivier Tollet, profondément ancré dans l’actualité politique et sociale de la Belgique et de l’Europe, nous permet de suivre le destin croisé de plusieurs femmes et hommes qui tentent de survivre à ce véritable black-out, où la population est aux abois.
Lire la suite...« Petit éloge de Tintin » : un regard amical…
Après la publication de plus de 500 ouvrages dédiés à Hergé et à son œuvre, en ajouter un de plus devient téméraire. C’est pourtant ce que propose avec une certaine réussite Jacques Langlois, tout au long d’un texte ou les commentaires de la groupie absolue d’Hergé — qu’il est toujours — flirtent avec un solide désir de recherche de la vérité.
Âgé de dix ans en décembre 1960, le jeune Jacques Langlois expédie ses dessins à Hergé sur les conseils de son père. D’échanges épistolaires en rencontres parfois fugitives, les routes du jeune admirateur et du maître belge vont régulièrement se croiser. Au fil d’un texte ouvert à tous, à 100 lieues des études indigestes, l’auteur évoque les grandes heures d’Hergé et de son œuvre : portraits des protagonistes, participation aux journaux de la collaboration, Tchang de Shanghai à Tchang de Nogent qu’il a bien connu, retour sur l’improbable 24e album, visite du studio de l’avenue Louise…

Photo avec Tchang, lors d’une séance organisée par Jacques Langlois chez Total (où il travaillais alors) en 1987.
Il est aussi question des rapports parfois tendus entre Hergé et les éditions Casterman, de Raymond Leblanc et du journal Tintin, de cinéma et de Stephen Spielberg, de collectionnite, de l’avenir de Tintin sans son créateur… sans oublier l’émouvante cérémonie des adieux. Jacques Langlois pose beaucoup de questions sur les mystères qui entourent l’auteur et son œuvre, tente d’y répondre en puisant dans ses riches archives, laisse parfois des portes entre ouvertes à l’imagination de ses lecteurs. Tout cela est passionnant, jamais ennuyeux, malgré les 250 pages que compte ce livre de la collection Petit Éloge. Peut-être par prudence, s’il parle souvent de Fanny la seconde épouse d’Hergé, il n’est jamais question de son sulfureux époux anglais.

Détail de la dernière carte de voeux adressée à Hergé par Jacques Langlois, en 1982 (d’après « L’Apothéose » d’Homère.
On peut le regretter, tout comme l’absence d’illustrations. La reproduction des correspondances avec Hergé souvent évoquées pour justifier un commentaire aurait été la bienvenue. Sans pour autant provoquer le courroux des gardiens du temple, mais rien n’est moins sûr…
Né en 1950, Jacques Langlois se passionne pour Hergé et son héros, après avoir reçu en cadeau « Le Lotus bleu ». Dans un premier temps vice-président de l’association Les Amis d’Hergé, aujourd’hui administrateur, il est devenu un fin connaisseur de l’univers de l’auteur de Tintin et de son œuvre.
Henri FILIPPINI
« Petit Éloge de Tintin » par Jacques Langlois
Éditions François Bourin (12 €) — EAN : 9 791 0252 0506 8











