Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Pierre Guitton : disparition d’un pionnier de l’underground hexagonal…
Peu de lecteurs de bandes dessinées se souviennent de Pierre Guitton : l’homme qui couvrait ses dessins de petits points. Il a pourtant œuvré au sein du 9e art pendant près de 20 ans, s’adressant à un lectorat politisé, avant de proposer ses derniers travaux dans le mensuel (À suivre). Il nous a quittés le 20 juillet 2021, à l’âge de 77 ans.
Pierre Guitton est né à Loches, le 16 mai 1944. Il étudie le dessin aux Beaux-Arts de Paris, dont il sort avec un diplôme national de peinture. Passionné par le mouvement underground américain, il se lance dans la bande dessinée, non sans observer les grands maîtres des comics US, dont Richard Crumb. Ses premiers dessins sont publiés en 1969 dans Charlie mensuel, puis dans Hara Kiri.
Après deux numéros 0 d’Anathème, il crée le magazine Zinc (« très beau pas cher ») en 1971 avec Gilles Nicoulaud, bientôt rejoints par Philippe Bertrand, Hugot, Jackie Berroyer, Soulas…
La publication se poursuit jusqu’en 1974 avec, sur la fin, le concours des éditions Balland.
De 1981 à 1988, il collabore au mensuel (À suivre) où il anime, entre autres récits indépendants, les « Contes du lapin jaune » : une création poétique et surréaliste qui doit attendre 2018 pour être présentée dans un album aux éditions Le Chant des muses.
Ce même éditeur a également proposé « Pierre Guitton rétrospective et c’est pas fini ! », en 2011.
Il avait abandonné définitivement la bande dessinée en 1987 et avait rejoint sa bonne ville de Loches où il se consacrait avec un réel succès à la peinture.
Devenu une personnalité incontournable en Indre-et-Loire, il est l’auteur de nombreuses affiches offertes aux regards de la population sur les vitrines des magasins.
Lochois moi-même, je rencontrais régulièrement Pierre Guitton au marché du mercredi, son éternel grand panier sous le bras.
Nous évoquions, avec nostalgie, souvent une larme à l’œil, ces années 1970 si riches en découvertes.
Notre dernière rencontre remonte à il y a tout juste trois semaines…
Malgré une œuvre modeste, Pierre Guitton appartient à l’histoire de la bande dessinée, plus particulièrement à ces années post 1968 où tout était encore possible…
L’équipe de BDzoom.com présente ses condoléances à ses proches.
Henri FILIPPINI






















