Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Paroles de Taule
Fin 1999, l’association BD Boum , organisatrice du Festival de Blois, associée pour l’occasion aux éditions Delcourt, créait l’événement en publiant « Paroles de Taulards ». Eric Corbeyran, dans le cadre de l’action sociale menée par Bd boum auprès des détenus de …
Fin 1999, l’association BD Boum , organisatrice du Festival de Blois, associée pour l’occasion aux éditions Delcourt, créait l’événement en publiant « Paroles de Taulards ». Eric Corbeyran, dans le cadre de l’action sociale menée par Bd boum auprès des détenus de la maison d’arrêt de Blois, avait alors recueilli divers témoignages de « taulards » sur leur vécu avant et leur pendant l’incarcération. L’ensemble, illustré par un collectif de 13 dessinateurs, donnait une vision grave et sensible « de l’intérieur » de l’univers carcéral. Deux ans après, sur un principe identique pour les détenus mais élargi au point de vue des surveillants de la maison d’arrêt de Blois, « Paroles de Taule » explore le quotidien de l’univers carcéral, de l’attente du parloir et du blues qui suit ce moment toujours fort aux relations entre co-détenus en passant par les conditions matérielles de vie, comme la douche, la promenade ou l’argent. Une nouvelle fois Corbeyran a proposé son savoir-faire scénaristique aux courts-récits des détenus et surveillants, mis en images par différents auteurs (Margerin, Cabanes, Guérineau, Janvier, Bézian, Sattouf, Edith,… : 21 en tout). L’ensemble est homogène et intelligent. L’évocation réaliste et sans complaisance a le mérite de couper court à certaines idées reçues véhiculées par les uns ou les autres sur la prison. « Paroles de Taule » est un ouvrage aussi rare que fondamental, qui prouve une nouvelle fois (si besoin était) que le neuvième art est un formidable vecteur de témoignage et d’émotion.
Co-production BDBoum / éditions Delcourt – Collection Encrages – 62 FF – 9,42 €.






