Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...La Guinée… à pas de Géant !
En Guinée, vit un drôle de type surnommé Géant, un peu casse-cou, un peu tête brûlée… Bref, un personnage pittoresque. Son métier : fabricant de pirogues… et, à l’occasion, transporteur de passagers, voire de drôles de passagers. Il n’a par ailleurs qu’une obsession : sortir les enfants des rues de Conakry de la misère. Avec autant de casquettes, le quotidien peut s’avérer chaotique…
On est en 2001 et Géant va devoir emmener un client, surnommé ATK, sur une pirogue grand confort. ATK est un communiste qui n’a pas que des amis : il est notamment rejeté par ses alliés chinois et craint pour sa vie. Pour lui, parce que c’est bien payé, Géant est prêt à prendre quelques risques (son côté « s’en fout la mort »). C’est un homme solitaire, mais pas égoïste. Il a connu la faim, la misère, la violence, et fait tout pour sortir les gamins d’un tel engrenage. Cet argent, ça servira à les aider en construisant un orphelinat.
Floc’h connait bien cette région d’Afrique et se plait à en restituer l’atmosphère des rues, des bidonvilles, de ses routes en latérite, de sa faune (notamment l’oiseau jabiru) et de ses expressions comme celle qui donne son titre à l’album. La Guinée est donc bien là, avec ses guérisseurs, ses marabouts, ses Chinois qui s’implantent et colonisent, sa misère, ses enfants chapardeurs, et un imam radical avec lequel Géant ne s’entend pas, car l’imam ne veut pas de la construction d’un orphelinat et préfèrerait récupérer l’argent pour agrandir sa mosquée…
Rappelons qu’Arnaud Floc’h est l’auteur, entre autres, d’« Emmett Till », chroniqué ici-même, et de « Mojo Hand » (sur BDzoom également). On lui doit aussi le dessin de l’adaptation du roman de Yasmina Khadra « Dieu n’habite pas La Havane », parue l’an dernier et scénarisé par Véronique Grisseaux : un roman qui fleure bon Cuba, bien entendu, les tropiques, les vieilles automobiles américaines et la musique, surtout la musique ! Arnaud Floc’h s’y attachait, ainsi, à restituer les rues de la Havane, les vieilles maisons coloniales, mais aussi les quartiers populaires et miséreux ou les bords de plage loin de la ville, sans oublier la musique, l’alcool, les amis…
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
[L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook.
« S’en fout la mort » par Arnaud Floc’h
Éditions Sarbacane (24 €) – EAN : 9782377317738
Parution 2 février 2022










