Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Victor Sackville : L’échiquier Anderson
Le début : Jérémy Anderson, un très réputé fabricant de jeux d’échecs, attend la visite de son vieil ami, le ministre des Affaires étrangères. Soudain, un individu coiffé d’une tête de cheval surgit dans son atelier et l’assassine sauvagement… Au …
Le début : Jérémy Anderson, un très réputé fabricant de jeux d’échecs, attend la visite de son vieil ami, le ministre des Affaires étrangères. Soudain, un individu coiffé d’une tête de cheval surgit dans son atelier et l’assassine sauvagement… Au Foreign Office, on pense que la cible du meurtrier du célèbre artisan était en réalité le ministre et l’on charge le meilleur agent des services secrets, Victor Sackville, de démasquer le tueur. Se faisant passer pour un détective, l’espion de George V commence par interroger les proches de la victime. Doris, sa nièce, ne lui connaissait d’ennemis. Lors d’un récent séjour à New York, son oncle lui avait cependant écrit qu’il rentrerait plus vite que prévu car il était inquiet pour sa vie. Quant à Miss Eustace, sa gouvernante, elle était absente à l’heure du crime. Mais, résolue à venger la mort de son cher Mr. Anderson et jugeant la police inefficace, elle a entrepris de discrètement mener ses propres investigations. Le seul indice concret est une fiole perdue par l’assassin et contenant un calmant utilisé dans les hôpitaux psychiatriques…L’affaire rebondit spectaculairement lorsque Doris est enlevée. Il y a aussi cet échiquier à l’échelle humaine que Scotland Yard a repéré dans la propriété d’un curieux châtelain. Il y a surtout cette phrase énigmatique de l’actrice Gladys Cooper que Victor Sackville a revue furtivement : «Méfiez-vous de lui»…
Notre avis : Quittant ponctuellement la scène politique internationale, Victor Sackville joue ici les détectives privés pour le compte du ministre anglais des affaires étrangères. Parenthèse dans les aventures de l’espion de Georges V, cette enquête à l’ambiance très british, mi-roman d’énigme et mi-récit d’action, ne s’éloigne pas pour autant de l’univers de Victor Sackville, comme en témoigne la présence de l’Infâme « méchant » Monsieur Tadjeff. Un impeccable album « de transition », idéal pour découvrir la série si vous ne la connaissez pas encore.
Le Lombard – 9,45€






