Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...Les imposteurs – Acte 1
Le début : Albert, trompettiste peu doué et docker d’occasion, vient de s’abandonner au nouveau rôle de sa vie : usurper pour de bon l’identité de l’écrivain célèbre avec lequel on l’a confondu, l’espace d’une nuit d’insouciance et d’excès. Commence …
Le début : Albert, trompettiste peu doué et docker d’occasion, vient de s’abandonner au nouveau rôle de sa vie : usurper pour de bon l’identité de l’écrivain célèbre avec lequel on l’a confondu, l’espace d’une nuit d’insouciance et d’excès.
Commence alors, pour ce novice en duperie, un délicat –et parfois douloureux- apprentissage de la transgression, dans les méandres d’une élite à laquelle il s’efforce de donner le change. Imposteur, certes, mais comment maîtriser les fils du mensonge dans un monde dont les codes, précisément, reposent sur la dissimulation et la comédie des apparences ? De méprises en quiproquos, Albert n’est bientôt plus très sûr de savoir qui trompe qui… Jusqu’à ce qu’entre en scène un comparse de hasard qui va peu à peu s’avérer, par-delà tous les masques, son véritable « maître en imposture ».
Notre avis : Pour son retour chez un éditeur traditionnel (il a débuté avec quelques ouvrages aux éditons Dargaud avant de publier chez Treize étrange), Christian Cailleaux, appuyé par un graphisme aux accents très « loustaliens » dépeint avec humour et réflexion un univers et un système social distants et blasés. Avec cette communauté si perméable ou plutôt si indifférent à autrui, Albert décide de jouer et de paraître. Mais tout n’est-il pas qu’illusion ? Qui est capable de distinguer le vrai du faux ? Voila un récit qui trouve particulièrement sa place dans la collection « Un Monde », tant celui qu’il évoque si justement est particulier. LT
Casterman – Collection Un Monde – 12,50€







