Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
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Commerciaux, t1, Farce de vente, Goulet, Plumeri, Boitelle, Bamboo, 8,99 euros A la globarep « on vend tout ce qui s’achète ». Et la batterie de vendeurs fait montre d’une inépuisable réserve d’astuces pour améliorer le chiffre de vente. Il …
Commerciaux, t1, Farce de vente, Goulet, Plumeri, Boitelle, Bamboo, 8,99 euros
A la globarep « on vend tout ce qui s’achète ». Et la batterie de vendeurs fait montre d’une inépuisable réserve d’astuces pour améliorer le chiffre de vente.
Il y a d’abord le beau Franky, un air du Jean Claude de la télé, l’oeil vif, le sourire carnassier, les épaules larges, la pose avantageuse, dragueur impénitent qui n’a qu’un rêve : arnaquer le diable en lui vendant son âme. Il y a aussi la mignonne secrétaire, blonde et accorte ; la vamp au dents longues, en tailleur rouge et décolleté avantageux ; le vieux ringard dépassé qui n’aspire qu’au repos ; l’employé fayot, pourtant sans cesse rembarré par le patron ; le jeune diplômé qui ne parvient pas à cacher son inexpérience derrière sa phraséologie américaine ; le PDG, gros monsieur à cigare et cravate pétante, amateur de voitures de luxe ; sans oublier les clients, pigeons qu’il importe de plumer par tous les moyens. La thématique, qui évoque immanquablement la série télé « Caméra café », entend visiblement profiter de la vague de l’humour au bureau et y parvient bien , sur un registre bon enfant. C’est drôle, un tantinet caustique sans jamais tomber dans la méchanceté. Avec un dessin souple qui ménage ses effets et n’est pas sans rappeler le style de Morris, l’ensemble donne une impression de grande aisance et ouvre une série qui possède tous les atouts pour séduire un très large public.
Joël Dubos







