Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
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Commerciaux, t1, Farce de vente, Goulet, Plumeri, Boitelle, Bamboo, 8,99 euros A la globarep « on vend tout ce qui s’achète ». Et la batterie de vendeurs fait montre d’une inépuisable réserve d’astuces pour améliorer le chiffre de vente. Il …
Commerciaux, t1, Farce de vente, Goulet, Plumeri, Boitelle, Bamboo, 8,99 euros
A la globarep « on vend tout ce qui s’achète ». Et la batterie de vendeurs fait montre d’une inépuisable réserve d’astuces pour améliorer le chiffre de vente.
Il y a d’abord le beau Franky, un air du Jean Claude de la télé, l’oeil vif, le sourire carnassier, les épaules larges, la pose avantageuse, dragueur impénitent qui n’a qu’un rêve : arnaquer le diable en lui vendant son âme. Il y a aussi la mignonne secrétaire, blonde et accorte ; la vamp au dents longues, en tailleur rouge et décolleté avantageux ; le vieux ringard dépassé qui n’aspire qu’au repos ; l’employé fayot, pourtant sans cesse rembarré par le patron ; le jeune diplômé qui ne parvient pas à cacher son inexpérience derrière sa phraséologie américaine ; le PDG, gros monsieur à cigare et cravate pétante, amateur de voitures de luxe ; sans oublier les clients, pigeons qu’il importe de plumer par tous les moyens. La thématique, qui évoque immanquablement la série télé « Caméra café », entend visiblement profiter de la vague de l’humour au bureau et y parvient bien , sur un registre bon enfant. C’est drôle, un tantinet caustique sans jamais tomber dans la méchanceté. Avec un dessin souple qui ménage ses effets et n’est pas sans rappeler le style de Morris, l’ensemble donne une impression de grande aisance et ouvre une série qui possède tous les atouts pour séduire un très large public.
Joël Dubos







