Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...La mort du peintre
Le début : Le 7 octobre 1993, j’écrivais une lettre à Monsieur Jean-Jacques Anglade qui était à l’époque Maire de la ville de Vitrolles. En voici des extraits : « Monsieur le Maire, Voici donc La Mort du Peintre. Sa réalisation …
Le début : Le 7 octobre 1993, j’écrivais une lettre à Monsieur Jean-Jacques Anglade qui était à l’époque Maire de la ville de Vitrolles.
En voici des extraits : « Monsieur le Maire, Voici donc La Mort du Peintre. Sa réalisation fut pour moi un moment intense. Et c’est grâce à vous, aux femmes et aux hommes à qui vous avez fait confiance que ce livre existe (…). Vitrolles est représentative de beaucoup d’autres villes nouvelles en France et sûrement en Europe. Représentative des difficultés inhérentes à la jeunesse d’une ville, difficultés aggravées aujourd’hui par le contexte économique et social (…). Ce livre maintenant vous appartient. Il vous appartient de l’utiliser comme vous l’entendez (…) ».
Quand ensuite Monsieur Anglade a lu La Mort du Peintre, il ne l’a pas du tout aimé. Il n’a pas voulu que la Médiathèque de Vitrolles, qui en avait acheté un certain nombre, puisse le proposer au public. Et, surtout, il a menacé de sanctions les deux responsables de la Ville qui m’avaient contacté et offert une résidence de plusieurs mois pour faire ce livre : Pierre Jacques, directeur des Affaires Culturelles, et Henri Naiditch, directeur du service Lecture Publique.
Dans les années qui ont suivi, Vitrolles a fait l’expérience d’une municipalité dirigée par l’extrême droite. Ce livre n’y est naturellement pour rien. Pour rien non plus dans son retour vers une mairie à sensibilité de gauche. La Mort du Peintre est simplement une photographie de Vitrolles faites dans les débuts des années 90. En 1993, l’éditeur était Niçois, c’était Z’Editions. Les difficultés économiques ont eu raison du courage de cet éditeur qui a osé publié les premiers livres de Kamel Khélif et de Troubs, deux grands de la bande dessinée.
Edmond Baudoin, septembre 2004
Notre avis : La réédition chez 6 Pieds sous Terre d’un album paru en son temps chez Z’éditions (1993) et épuisé, est d’autant bien venue qu’elle permet de mesurer, plus de 10 ans après, la sensibilité d’un artiste et sa perception vis à vis d’un avenir probable, concrétement indiscernable par les responsables politiques divers . Force est de constater qu’Edmond Baudoin avait mesurer la détresse et le flou social de l’époque. Par petite touche, entre récits de vie et évasion graphique, il nous en restitue pleinement l’atmosphère. Un témoignage historique et artistique fondamental ! LT






