Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
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Le début : Les filles rondouillardes dans un monde où il est bien vu de flotter dans un petit 38 : voilà un problème joyeusement résolu par Krassinsky à travers trois histoires dont les héroïnes au coeur boudiné, Fanny, …
Le début : Les filles rondouillardes dans un monde où il est bien vu de flotter dans un petit 38 : voilà un problème joyeusement résolu par Krassinsky à travers trois histoires dont les héroïnes au coeur boudiné, Fanny, Martha et Mimi, ont également beaucoup de charme et de répondant. En trois « courts-métrages » situés à Toulouse, New York et Pontcharmin, Krassinsky nous offre des portraits de filles tout à fait réjouissants : fortes dans tous les sens du terme, roublardes à l’occasion, parfois cafardeuse mais pas du tout prête à se laisser faire, elles affrontent avec humour et fermeté l’attitude (pour le moins médiocre) des hommes..
Notre avis : C’est, assis à une terrasse de café, en entendant des gens discuter des passantes et notamment se moquer des plus corpulentes d’entre elles, que Jean-Paul Krassinsky eut l’idée des Cœurs boudinés. C’était décidé : il serait « vengeur de grosses » ! Après un premier opus qui ne l’avait visiblement pas complètement défoulé, il nous livre aujourd’hui un deuxième recueil composé de trois nouveaux courts récits aux tons doux-amers, touchants et drôles à la fois, mettant en scène des héroïnes « bien portantes », comme on dit avec savoir vivre. Et toutes ont ce point commun d’avoir un caractère affirmé et une détermination sans faille quand il s’agit de réaliser leurs objectifs … même de vengeance ! On sourit beaucoup et on se laisse entrainer durant un moment de lecture mêlant intelligence et jubilation, qu’on regrette trop court. Allez, Jean-Paul, un troisième volume aussi pulpeux ! Laurent Turpin







