Une trentenaire parisienne, un brin oppressée et angoissée, sent renaître une inquiétante mémoire familiale dans le manoir décrépi de ses grands-parents maternels. Elle va se retrouver confrontée à des secrets d’ascendance enfouis et à des rituels obscurs, presque surnaturels… Dans ce glaçant récit aux frontières du fantastique et de l’épouvante — un peu à la Stephen King —, la jeune et talentueuse Elizabeth Holleville nous parle du choix des femmes de ne pas avoir d’enfant, évoque l’emprise psychologique intergénérationnelle, et fait référence au cinéma de genre des années 1970/80, le tout dans une curieuse esthétique : mélange de style art déco et de ceux d’auteurs dits « alternatifs », comme les Américains Charles Burns et Daniel Clowes ou le Suisse Frederik Peeters.
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Le début : “7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte …
Le début : “7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte de l’intégralité des débats (…) Je suis fils d’avocat et ai eu la chance de fréquenter très tôt les prétoires. Je crois que c’est instructif, de raconter un procès du début à la fin.”
Joann Sfar
Notre avis : Le 22 février, Charlie Hebdo a gagné le procès qui lui était fait pour avoir publié les caricatures danoises (et d’autres) du prophète Mahomet. Aucune injure à caractère raciste, donc (c’est sous cet intitulé qu’avaient été déposées les plaintes), a ainsi estimé le tribunal. Il n’en subsiste pas moins un débat exemplaire sur la liberté d’expression retranscrit avec talent et vivacité par Joann Sfar, dont tous ceux qui trouvent qu’il dessine trop vite ou trop approximativement ne pourront que constater à quel point sa subtilité cérébrale s’accomplit parfaitement dans l’urgence. En prime, quelques réflexions personnelles et tendres sur l’enfance d’un auteur fils de magistrat et qui redécouvre, après 15 ans, les salles d’audience.
Laurent Turpin







