Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Un jeu dangereux sur l’Île de minuit…
Quatre enfants se retrouvent sur une île tropicale sans aucun adulte. Ce ne sont pas des vacances car, amnésiques, ils doivent affronter bien des dangers, dont le plus mystérieux est constitué par des missions formulées par un étrange automate. Le premier volume de « L’Île de minuit » propose un récit d’aventures avec beaucoup de rebondissements et de suspens, jusqu’à la dernière page.
Sous un soleil de plomb, Elijah s’éveille sur une plage inconnue, bercé par les vagues de l’océan. Il y découvre des crabes rouges et un bunker abandonné avant d’être interpellé par la voix d’une jeune fille. Elena, une dizaine d’années comme Elijah, partage alors le peu d’informations dont elle dispose : ils n’ont aucun souvenirs d’avant leur arrivée sur la plage, ils connaissent leur prénom, mais pas leur nom de famille, ils ne savent pas la raison de leur présence et ils semblent manipulés par une puissance mystérieuse. Par exemple Elena dispose de manière incongrue d’une connaissance quasi encyclopédique mais dans quel but ?
Pour mieux connaître leur environnement, ils décident de grimper à travers la jungle au sommet du mont qu’ils aperçoivent.
Dans la jungle, ils tombent nez-à-nez avec un autre duo d’enfants dans la même situation qu’eux : la très dynamique Maya et le tout jeune Hector. En poursuivant leur exploration, le quatuor découvre un grand bâtiment abandonné qui a tout d’un ancien pensionnat avec salles de classe, gymnase, réfectoire et dortoirs. De nouvelles énigmes étoffent leur déjà bien fourni lot d’interrogations : tous les livres sont constitués de pages blanches, sur le tableau d’une classe sont dessinés sept personnages enfantins, dont certains sont barrés d’une flèche ; et, surtout, dissimulés sous une bâche, ils trouvent un grand automate de fer. Pour eux, c’est une sorte de dieu mécanique ou d’épouvantail.


Quand minuit sonne, l’automate s’anime et propose une mission aux enfants : « Approchez, approchez, petits et grands ! Laissez-vous tenter par une belle aventure pleine de mystères et de rebondissements ! Lisez, obéissez et découvrez les secrets de ce lieu enchanteur ! Si de travers vous comprenez les instructions, méfiez-vous donc des punitions ! Car si nous sommes généreux avec les sages, petits et grands… nous pouvons être aussi horribles et terrifiants avec les désobéissants. »
De sa main métallique sort alors le texte de la première mission que doivent accomplir les jeunes : « Tuez un phacochère avant le prochain soleil couchant. En cas d’échec, l’un de vous disparaitra… »
Elena, Maya, Elijah et Hector vont vite comprendre qu’ils doivent accepter les missions de l’automate sous peine de sanctions graves. Mais qui donc manipule les automates et pourquoi ? Le mystère reste entier à la fin de ce premier volume de la série.

Nous devons cette nouvelle série jeunesse des éditions Dupuis à un duo d’auteurs au curriculum vitae opposé. Le scénario foisonnant et inventif est l’œuvre de Lylian : un auteur jeunesse qui sait renouveler ses sources d’inspiration. Nous vous entretenons régulièrement BDZoom.com de ses principales œuvres : « La Quête d’Ewilan », « La Famille fantastique », « Méto », « Titouan », « Les Géants », « La Moïra », « La Tresse » ou « Mille femmes blanches ».
La partie graphique est assurée par Nicolas Grebil, dont c’est la première bande dessinée publiée. Dessinateur, coloriste et illustrateur jeunesse de longue date, il fait preuve ici d’un savoir-faire certain, tant dans la composition dynamique des planches que dans les paysages ou les expressions des personnages.

Le premier tome de cette nouvelle série nous a intrigué et tenu en haleine jusqu’à la dernière page. Au-delà des rebondissements inhérents à un récit autour d’un groupe de jeunes, l’histoire questionne en creux les rapports sociaux entre les enfants : entre entraide, méfiance et trahison.
On retrouve donc dans la bande dessinée des influences plus ou moins lointaines : davantage du roman « Sa Majesté des mouches » de William Golding ou de la BD « Seuls » de Bruno Gazait et Fabien Vehlmann que de la série télévisée « Lost ». En effet, les enfants doivent s’entendre face aux multiples dangers et, malgré leurs dissensions, établir, uniquement entre eux, de nouvelles règles de vie commune.
Nous attendons avec impatience et curiosité la suite de ce survival aux personnages attachants et à l’intrigue bien construite.

Laurent LESSOUS (l@bd)
« L’Île de minuit T1 : Le Réveil de l’automate » par Nicolas Grebil et Lylian
Éditions Dupuis (12,95 €) – EAN : 9782808503266
Parution 17 janvier 2025
















