Hazara ? L’auteur du scénario, Reza Sahibdad, est un Hazara, c’est-à-dire qu’il appartient à cette ethnie, peu connue en Europe. Il est aussi Afghan car nombre d’Hazaras sont installés dans ce pays où ils ne sont pourtant pas les bienvenus. Le racisme qu’ils y subissent est incroyable et c’est ce que raconte cette autobiographie étonnante. Étonnante aussi par le dessin de Yann Damezin…
Lire la suite...Être Hazara en Afghanistan et en Iran…

Hazara ? L’auteur du scénario, Reza Sahibdad, est un Hazara, c’est-à-dire qu’il appartient à cette ethnie, peu connue en Europe. Il est aussi Afghan car nombre d’Hazaras sont installés dans ce pays où ils ne sont pourtant pas les bienvenus. Le racisme qu’ils y subissent est incroyable et c’est ce que raconte cette autobiographie étonnante. Étonnante aussi par le dessin de Yann Damezin…
En fait, Reza Sahibdad est né en 1980, à Mashhad, en Iran, où les Hazaras sont également considérés comme des parias. Autant dire qu’enfant, il subit déjà des vexations traumatisantes et qu’au bout du compte, après un parcours migratoire compliqué, il finira par s’installer non sans mal, à Paris.
Cette jeunesse tumultueuse, il la raconte en détails, alors qu’en 2010, il est à l’office français de protection des réfugiés apatrides pour demander l’asile. Lors de cet interrogatoire, il évoque sa jeunesse, son milieu familial, sa scolarisation chaotique, vu qu’il est obligé de travailler dès l’âge de 10 ans, les contextes historico-politico-religieux de l’Afghanistan et de l’Iran expliqués minutieusement au fil des pages.
Étant chiite dans un pays sunnite, les parents ont émigré en Iran, pays chiite où ils pensaient pouvoir mieux s’intégrer. Mais l’Iran déteste également les Hazaras ! L’Enfer continue, d’autant que son frère, plus vieux, politisé et activiste hazara, va mystérieusement disparaitre et finalement connaitre la prison ! Heureusement pour Reza Sahibdad, il découvre en douce le cinéma (via des cassettes VHS acquises sous le manteau) et deviendra réalisateur…
L’aspect le plus fascinant de cet album dense, c’est le dessin. Yann Damezin signe là 240 planches étourdissantes d’ingéniosité et de poésie. L’imagerie fantastique et symbolique alterne avec des séquences réalistes. On avait déjà apprécié cette virtuosité avec « Concerto pour main gauche » (voir chronique ici-même) puis avec « Majnoun et Leïli : chants d’outre-tombe » paru en 2022 à la Boîte à Bulle.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Hazara Blues » par Yann Damezin et Reza Sahibdad
Éditions Sarbacane (28 €) – EAN : 9782377319855
Parution 20 aout 2025