Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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Étonnant, le nouvel album de Cosey ! Dès lors qu’on le feuillette à la recherche du récit donnant son titre, on découvre d’abord une introduction sur le papier découpé traditionnel suisse, puis un prologue de huit planches réalisées par la dessinatrice Maou, suivi d’un carnet d’esquisses de Cosey himself. Enfin, enfin, commence « Yiyun » page 41…
« Yiyun » c’est plusieurs rendez-vous : avec la Suisse tout d’abord dans les années 1990, où des ados skient dans ces cases enneigées qui rediffusent l’ambiance d’« À la recherche de Peter Pan ». Pourtant, l’héroïne de ces premières pages se nomme Miss Wu : une héroïne de papier chinoise, née dans un illustré américain. Enfin, une jeune fille d’allure asiatique, Mei, vient troubler les esprits des jeunes gens, car elle ressemble à Miss Wu !
Miss Wu est une femme pilote appartenant aux Flying Tigers. Le héros de l’histoire, Urs, en est friand, comme il avoue aussi lire « Le Club des cinq » ou « Bob Morane ». Qui est-il, ce garçon ? Un clone de Jonathan ou Cosey lui-même ? Est-ce un récit autobiographique et Cosey s’est-il lui-même livré aux découpages de papier qui nourrissent cette histoire ?
Toujours est-il que le héros les réalise et les vend dans son village : motifs floraux, forestiers, chalets, vaches… Tout est bon pour séduire les touristes, mais Urs se diversifie, Cosey reproduisant régulièrement ses compositions noires sur fond blanc proposant aux lecteurs ces savantes et étonnantes constructions où viennent s’inscrire des personnages de BD (Tintin, Corto, Mickey…).
Mais l’histoire, me direz-vous ? On y vient peu à peu, pas à pas, avec Mei et Sybil : deux copines dont l’une cache d’incroyables pans de son existence qui mènera Urs loin de la Suisse, jusqu’à Taïwan. Mais pas question d’en dire davantage, car l’enjeu de ce récit quasi anecdotique au début est de s’infléchir dans un contexte historique et familial nettement plus dramatique, qui fait écho au récit autobiographique de Maou.
Une histoire surprenante, attachante, très bien découpée, en somme, et qui se déplie habilement sous nos yeux !
Didier QUELLA-GUYOT
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« Yiyun » par Cosey
Éditions Le Lombard (21,45 €) – EAN : 9782808214124
Parution10 octobre 2025



















Etonnant comme cette présentation de pages me fait penser au magnifique et ancien déjà « A la recherche de Peter pan ». Je crois que je vais craquer.