Le retour de Croc-Blanc en bande dessinée…

Décembre, c’est le mois de Noël et des cadeaux pour nos chères petites têtes blondes. Nous poursuivons donc nos conseils en bandes dessinées jeunesse pour faciliter vos choix de cadeaux pour les enfants que vous aimez gâter. Un an après « L’Appel de la forêt », le talentueux duo Maxe L’Hermenier/Thomas Labourot poursuit son travail d’adaptation des romans de Jack London avec « Croc-Blanc ». Un album pour mieux savourer la nature sauvage du Grand Nord au tournant du XIXe et du XXe siècle.

Tout commence au temps de la ruée vers l’or. Le Klondike, une région glacée proche de l’Alaska, attire de nombreux hommes sans expérience en quête d’une richesse dorée. Deux hommes conduisent un traineau tiré par des chiens. Ils sont suivis par une meute de loups affamés qui les encerclent dans la forêt arctique. Un loup rusé les attire dans un piège sur la surface glacée d’un lac.

Une chienne obtient ses faveurs et, au printemps suivant, elle met bas quatre petits chiens-loups. Alors qu’elle est partie chasser, l’un de ses petits quitte la tanière protectrice et part à la découverte d’un territoire inexploré. Il échappe à un lynx dangereux, mais perd le contact avec sa famille. Heureusement pour lui, il est adopté par une tribu amérindienne. Méfiant, il montre ses crocs. C’est ainsi qu’il est surnommé Croc-Blanc par Castor-Gris : un homme bienveillant qui le protège de multiples dangers.

« Croc-Blanc » page 4.

Commence alors la vie de Croc-Blanc au sein de la société humaine. Il est mal accueilli par les autres chiens, car ils le considèrent comme un loup à part entière. Il est sauvé de l’agressivité de Lip-Lip, le chef des chiots, par Kitché : une vieille chienne qui devient sa mère d’adoption. Elle lui fournit un peu de tendresse dans un univers sans pitié. Croc-Blanc a une vie difficile dans le camp nomade. Il doit faire face aux autres chiots, en devenant un combattant sauvage, solitaire et pour tout dire mortel.

En proie à la méchanceté des hommes et des chiens de traîneau, il refuse d’être dompté. Acheté par une brute, il devient encore plus féroce en participant contre son gré à des combats de chiens. Sa vie change radicalement quand, sérieusement blessé, il est racheté par un maître juste qui l’acclimate à la douceur d’un foyer californien.

C’est en 1906 que parait le roman de Jack London qui connait aussitôt un énorme succès. L’auteur utilise son expérience vécue lors de la ruée vers l’or du Klondike. En 1897, à 21 ans, il quitte sa Californie natale pour le Grand Nord canadien, mais revient vite, malade du scorbut. Sa réputation d’écrivain animalier atteint son apogée avec le succès de « L’Appel de la forêt » en 1903, puis avec la parution trois ans plus tard de « Croc-Blanc ».

Ce roman a déjà été adapté de nombreuses fois en bande dessinée, notamment par Jean Ollivier et Sonk de 1983 à 1986 en trois volumes aux éditions Hachette et par Pierre-Emmanuel Dequest en 2020 aux éditions du Rocher. Toutes les adaptations conservent la focalisation du roman sur les animaux. Le récit est écrit du point de vue de Croc-Blanc. Un biais narratif qui permet de mieux rendre compte du fonctionnement des sociétés humaines du Grand Nord : chercheurs d’or frustres et brutaux, ingénieurs éduqués plus sensibles ou Amérindiens, non sans défaut, mais vivant toujours en symbiose avec la nature environnante.

« Croc-Blanc » page 12.

Cette très belle adaptation, à destination de jeunes lecteurs dès dix ans, est l’œuvre d’un talentueux duo : Maxe L’Hermenier au scénario et Thomas Labourot au dessin. Auteur prolifique, Maxe L’Hermenier est à l’origine de la collection pédagogique Pépites aux éditions Jungle pour des adaptations de romans jeunesse en bande dessinée. Ainsi, après « L’Île au crâne » ou « Le Magicien d’Oz » et « L’Appel de la forêt », il réussit à rendre accessible aux plus jeunes les aventures de Croc-Blanc. Pour ce faire, il resserre l’intrigue autour de moments clefs et n’hésite à faire parler des chiens aux caractères bien humains. Avec des textes réduits à la portion congrue, la narration est fluide, portée par le dessin expressif de Thomas Labourot.

Remarqué pour son travail sur « Aliénor Mandragore » ou « Washita », Thomas Labourot adopte pour cette bande dessinée en 56 pages un style vif et efficace. Son trait semi-réaliste fait la part belle à une grande variété de paysages enneigés et réussit à transcrire la fulgurance des combats canins. Avec une mise en scène énergique, le lecteur suit sans temps mort le passage progressif et choisi de Croc-Blanc, d’animal sauvage à animal domestique, avec l’amour d’un maître bienveillant. À noter que c’est le parcours inverse de Buck : le canidé héros de « L’Appel de la forêt » qui d’animal de compagnie revient, lui, à la vie sauvage. Nous ne pouvons que vous recommander, pour vous et les jeunes lecteurs de votre connaissance, la lecture réjouissante de ce classique parfaitement adapté en bande dessinée.

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Laurent LESSOUS (l@bd)

« Croc-Blanc » par Thomas Labourot et Maxe L’Hermenier

Éditions Jungle (14,95 €) – EAN : 9782822247726

Parution 13 novembre 2025

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