Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Jeff Mistral » : la BD de papy fait de la résistance !
Après un lancement réussi du premier tome en mode participatif, suivi d’une diffusion en librairie l’an passé et d’une post-publication en Allemagne — dans la revue Zack —, revoici le sympathique détective privé parisien Jeff Mistral dans une nouvelle et trépidante aventure. Elle va le mener en Camargue, à Arles plus précisément, où il filera un coup de main à un copain journaliste au Petit Méridional ; lequel enquête sur des meurtres perpétrés avec des armes de légionnaires romains, dans les lieux emblématiques de l’époque antique que sont les cryptoportiques ou les thermes de Constantin… Alain Julié et Olivier Andrieu s’en donnent à cœur joie dans cette investigation vintage, et limite ésotérique, remplie de voitures anciennes, de clins d’œil et de bonne humeur…
Certes, Arles était bien surnommée la petite Rome des Gaules depuis le quatrième siècle, et l’histoire romaine est très présente dans cette ville bercée par le Rhône, ne serait-ce qu’avec ses célèbres arènes locales… Mais cela n’explique pas, en cette année 1963, cette suite de meurtres inaugurée avec la découverte, dans les vieux soubassements du Forum, du corps sans vie — traversé par un pilum romain et avec le cœur enlevé — du conservateur des musées arlésiens Éléazar Broutechoux.
Son adjoint Gédéon Bonnefille en réfère quelques heures plus tard au journaliste local Jérôme Durandeu, tout en lui précisant que son supérieur était tracassé, depuis quelque temps, par le repêchage dans le fleuve d’un mystérieux coffret métallique, dont le contenu serait en lien avec un secret ancestral dissimulé dans les arènes. Considérant alors que son reportage nécessite une enquête plus approfondie, en marge de celle de la police, le journaleux décide de faire appel à son ami le privé Jeff Mistral.
Dès son arrivée à bon port, grâce à sa confortable 404, le détective apprend que l’indicateur de son pote chroniqueur a aussi été assassiné — par une fléchette romaine en pleine tête — et a également été éviscéré. A-t-on affaire à un criminel sadique ou à d’horribles rituels dus à des illuminés ?
Cette série policière, qui démarre sur les chapeaux de roues (le troisième volume — « La Prophétie d’Anubis » — est déjà annoncé pour bientôt), a été concoctée avec passion par deux grands amateurs de franco-belge rétro : « cette bonne vieille BD classique de papy » ! Ils y ont d’ailleurs multiplié les hommages aux héros qu’ils ont toujours admirés : Gil Jourdan, Jess Long, Tif et Tondu… — ou encore le plus récent, mais arlésien, Dick Hérisson créé par Didier Savard —, sans oublier l’irréductible Gaulois Astérix (incontournable adversaire des Romains).
Rien d’étonnant à cela quand on sait que le scénariste (et éditeur du label Klev) est aussi un inconditionnel de l’humour référentiel de René Goscinny, à qui il a consacré plusieurs ouvrages. Par ailleurs, signalons qu’Olivier Andrieu fait partie des auteurs qui ont repris, avec talent, les scénarios d’« Iznogoud » (également une création goscinnienne !) (1), en plus de sa collaboration active au nouveau Pif-Gadget où il multiplie les bandes rigolotes avec Grifil, Brandy, Gregory Lange, Davide Percoco et son camarade Alain Julié (sur « Docteur Foulamor ») : l’efficace dessinateur de « Jeff Mistral » !
Ancien assistant de Serge Carrère sur « Léo Loden » (un autre enquêteur basé dans le sud de la France que nos deux auteurs apprécient) et créateur graphique de la série « Les Vélomaniacs » — 13 albums scénarisés par son copain Jean-Luc Garréra, chez Bamboo —, Julié nous assène, sur cette BD aux nombreux rebondissements, un solide et généreux trait traditionnel (sans recours à l’ordinateur !), enluminé par sa complice coloriste (Claire Dumas) qui sait si bien cerner les ambiances souhaitées…
(1) Voir notamment sur BDzoom.com : Le nouveau « Iznogoud » is good !.
« Une aventure de Jeff Mistral T2 : Les 3 Symboles d’Arelate » par Alain Julié et Olivier Andrieu
Éditions Klev (16 €) — EAN : 9782959206665
















