Avec une bonne dose d’humour noir, cette comédie, digne des meilleurs scénaristes du Hollywood mythique, ressuscite stars et décors de l’âge d’or des années d’après-guerre du cinéma américain. Un film en images, horrifique, fantasmé, s’offrant le luxe d’une distribution de rêve impossible, où évoluent les vedettes éternelles. Sous-titré avec humour « Une comédie noire en parodirama », ce récit est un régal pour les nostalgiques du cinéma américain : un voyage improbable en compagnie d’acteurs mythiques pour les autres.
Lire la suite...Ancien esclave et pirate noir…
Avec un premier titre mentionnant d’emblée les Caraïbes, cette nouvelle série pourrait laisser supposer que tout va se passer là-bas, aux Antilles. Or, tout commence en Afrique : dans le royaume d’Oyo, aujourd’hui Bénin. On oublie que ce pays a aussi été une plaque tournante de l’esclavage : ce que ne manque pas, sur place, de rappeler des villes comme Ouidah…
En fait, on appelle Côte des esclaves les ports négriers d’une région qui comprend le Bénin, mais aussi l’actuel Togo et un bout du Nigeria. Le héros, Shango, vivait bien dans l’arrière-pays béninois et fait partie de ces villageois « capturés par un guerrier Fon, au profit d’une expédition envoyée par le Roi d’Abomey » pour être vendu aux « diables blancs » : des Portugais ou des Hollandais.
C’est à Ouidah (dans l’ancien royaume du Dahomey), à 3-5 kilomètres de la côte, qu’on les rassemblait et qu’on y pratiquait le rituel de l’Arbre de l’oubli : à savoir que les esclaves hommes devaient tourner neuf fois (les femmes sept) autour de l’arbre, dans le but d’oublier leur passé, leur maison et leurs enfants, comme cela est décrit planche 9.
Puis, c’était la longue traversée, inhumaine et traumatisante. Certains de ces esclaves – pour ceux qui ont survécu aux épreuves ! – deviendront, une fois affranchis, des rebelles, voire des pirates. Shango est de ceux-là ! D’autant qu’il est du genre plutôt colosse !
On est en 1639. Au-delà de l’Océan Atlantique, c’est Tortuga (l’île de la Tortue), puis Hispaniola (aujourd’hui Haïti) : une île où est le dessinateur Guy Michel. Autant dire qu’il en connait bien les décors et l’histoire. Si Shango est un personnage de fiction, tout ce qu’il va vivre, traverser, développer, est historique. Avec cette volonté des auteurs de jouer la carte de l’aventure, tant narrative que visuelle. Autant dire que c’est bien lancé, avec en prime un carnet de croquis de huit pages.
Petite parenthèse, le Dahomey est également connu pour son régiment de femmes guerrières, entraînées pour tuer : ce que Stefano Casini et Laurent Galandon ont raconté dans « La Vénus du Dahomey », il y a une quinzaine d’années, en deux tomes, chez Dargaud. Dans la première moitié du XIXe siècle, le souverain Ghézo avait en effet créé des compagnies féminines de cavalerie et d’infanterie baptisées « les amazones vierges du Dahomey », lesquelles combattront lors de nombreuses guerres tribales ou troupes coloniales.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Shango T1 : Pirate noir des Caraïbes » par Guy Michel, Arnaud Delalande et Marc de Banville
Éditions Robinson (15,50 €) – EAN : 9782016291221
Parution 18 février 2026


















Il est effectivement indispensable de bien rappeler que ce sont certains monarques du Dahomey qui ont vendus leurs frères aux colons étrangers.
Récupérant en valeurs pécuniaires leurs trocs immondes.
Et parfois bien contents de se débarrasser de tribus gênantes et/ou d’opposants.
Trop souvent l’histoire tend à mettre sur le dos des » méchants blancs » la responsabilité directe de l’esclavage.
Les faits sont beaucoup moins simplistes que cela.
Au Dahomey, comme ailleurs, les esclaves ont été trahis et vendus par leurs » frères »
Et les traites négrières existaient il n’y a pas si longtemps, activées par des hommes pas du tout européens !