Bananas n° 18 : un an déjà !

Voici que paraît le nouveau numéro de Bananas : la revue animée par Évariste Blanchet. Une fois encore, le sommaire de ce n° 18 invite à découvrir la bande dessinée sous toutes ses facettes. Bandes dessinées populaires et œuvres plus pointues cohabitent harmonieusement au fil d’articles passionnants, pour le plus grand plaisir des lecteurs amateurs de qualité et d’éclectisme. Un rendez-vous annuel précieux, à ne pas manquer.

Sous une couverture signée Nathalie Ferlut, cette nouvelle livraison propose deux longs entretiens avec deux auteurs appartenant à des planètes BD que tout semble séparer.

Jean-Pierre Hugot, longtemps sous-estimé par la critique, est désormais très apprécié par les journalistes des magazines BD et vient d’être l’invité de Tonnerre de bulles.

Il cohabite avec Nathalie Ferlut, une autrice emblématique — depuis deux décennies — du roman graphique.

Le premier évoque avec nostalgie une époque lointaine où la presse était encore une source de revenus pour les auteurs, la seconde travaille dans un monde sans magazine où la précarité est le lot quotidien des créateurs de BD.

Les propos tenus par ces deux auteurs passionnés par leur métier invitent à un voyage de plus d’un demi-siècle au sein d’un média qui nous est cher.

Les retranscriptions de deux débats organisés dans le cadre du salon trop peu médiatisé SoBD — eux aussi aux thèmes éloignés — se révèlent passionnantes.

Harry Morgan, Manuel Hirtz et Béatrice Guillier, trois spécialistes de la presse, s’entretiennent sur la bande dessinée omniprésente dans les journaux féminins populaires d’après-guerre jusqu’aux années 1970.

Une évocation nostalgique d’auteurs vedettes y ayant collaboré au fil de ces riches années où la bande dessinée était présente dans la plupart des périodiques mensuels, hebdomadaires ou quotidiens. (Notons que l’énigmatique Manuel semble plutôt être le pseudonyme de Loÿs Pétillot et non celui d’Alain d’Orange comme supposé par les participants à ce débat.)

Plus pointue, mais non sans intérêt, est la rencontre animée par Harry Morgan entre Erwin Dejasse, docteur en histoire de l’art, et Irène Le Roy Ladurie, entre autres co-rédactrice en chef de Neuvième Art.

Nous sommes loin de la bande dessinée populaire avec les propos de ces universitaires qui se délectent à la décortiquer. De quoi éberluer les auteurs de l’époque, bien loin d’imaginer que leurs modestes travaux seraient un jour l’objet de telles démarches intellectuelles.

À ces articles copieux, ajoutons un portrait du grand dessinateur chilien Arturo Pérez del Castillo, signé Jean-Jacques Lalanne, suivi par la seconde partie de l’étude de l’œuvre du dessinateur atypique Jules Stromboni par Pierre-Gilles Pélissier. Sans oublier quelques critiques pertinentes à propos d’ouvrages consacrés à la bande dessinée. Enfin, Benoît Barale se met en scène dans une histoire en deux planches délicieusement nostalgiques.

Il nous faudra patienter un an pour retrouver ce magazine au ton original, dont le riche sommaire témoigne que la passion pour l’étude du neuvième art — d’hier et d’aujourd’hui — n’est pas morte.

Henri FILIPPINI

Bananas n° 18 (février 2026)

104 pages (12 €) — Bananas, 22, bd du Général-Leclerc, B5, 95100 Argenteuil — www.bananas-comix.fr

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