Espions et diplomates en Afghanistan

« Diplomatie clandestine » : par définition, la diplomatie est effectivement le plus souvent discrète, secrète. C’est encore plus vrai quand elle s’attache à régler des situations ou des conflits dans des pays en guerre. C’est le cas en Afghanistan, en 2010, quand Raphaël, capitaine de l’armée française, débarque à Kaboul pour recruter des informateurs, des « sources »

Précédemment, Raphaël était au Cambodge. En 1993, il a alors 27 ans et se trouve impliqué dans un pays en pleines élections, après des décennies de guerre civile.  Il y a toujours des pro Khmers rouges et des risques de toutes sortes. Dans l’ancien protectorat français, les « barang » (Français) n’ont heureusement pas trop mauvaise presse. Mais rien n’est simple pour autant ! Mais du jour au lendemain, on renvoie Raphaël sur Paris.

Il intègre alors la direction générale de la Sécurité extérieure. 20 ans, plus tard, en 2010, il accepte de partir sous couverture diplomatique en Afghanistan, et s’intègre à une équipe de terrain. Sa première mission : annoncer à un formateur local qu’on ne lui fait plus confiance et qu’on le décharge de cette fonction… Du costaud !

Il a avec lui, pour traduire, une jeune Afghane (Aryana) qui, sous burka, fait l’intermédiaire. Aryana a étudié le français dans un lycée de jeunes filles, à Kaboul. C’était avant le retour des talibans ! Les échanges sont alors discrets, protégés et laborieux, minutieusement racontés et habilement mis en scène par Hubert Maury. Son trait sec, dynamique, est incroyablement efficace et vivant, autant pour les personnages que pour les décors (sous couleurs d’Élise Follin).

Précisons qu’Hubert Maury connaît bien ces contrées. Il faut dire qu’avant de passer au dessin et à l’écriture de scénarios de romans et de romans graphiques, il fut un officier issu de Saint-Cyr et qu’il a enchaîné carrière militaire et carrière diplomatique à l’ONU et au sein des chancelleries de diverses ambassades. Dans sa courte préface, Marc Dugain souligne d’ailleurs le « haut niveau d’intrigue » de l’album et la connaissance approfondie par Maury des rouages de ce « monde parallèle ».

On lui doit déjà « Le Pays des purs » (La Boite à bulles, 2017), où la reporter-photographe française S. Caron raconte sa rencontre avec Benazir Bhutto, puis les émeutes à Rawalpindi (Pakistan),à la suite de son assassinat. Dans « Fêtes himalayennes » (La Boîte à bulles, 2019), il évoquait, avec l’ethnologue Jean-Yves Loude et les photographes Hervé Nègre et Viviane Lièvre, la minorité Kalash vivant dans des vallées reculées au nord-ouest du Pakistan (voir notre chronique ici-même sur BDzoom.com). En 2023, il publie, chez Glénat, « Dissident Club », avec le journaliste d’investigation Taha Siddiqui.

Didier QUELLA-GUYOT

Sur BDzoom.com : http://bdzoom.com/author/DidierQG/

Sur L@BD :  https://basenationalelabd.esidoc.fr, et sur Facebook.

« Diplomatie clandestine » par Hubert Maury

Éditions Glénat (28 €) – EAN : 9782344058763

Parution 25 mars 2026

 

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