Et si un hôtel pouvait exaucer tous vos souhaits ? C’est l’intrigant point de départ de la nouvelle bande dessinée de Gaëlle Geniller, publiée chez Delcourt : un roman graphique de fort belle facture, où le fantastique est au service de l’intime, et qui mêle, en quasiment 180 pages de BD, mystère, fantaisie et sensibilité. L’autrice de « Minuit passé » et du « Jardin, Paris » engage ses lecteurs à franchir le seuil d’un lieu où les apparences pourraient bien être trompeuses. Attendez-vous, alors, à vivre une expérience qui ne ressemble à aucune autre, tant l’abondance visuelle de ce « Bienvenue à l’hôtel inhabituel » va vous inviter à la flânerie, à vous attarder sur les planches et à revenir sur certains détails, en vous laisser guider par la simple curiosité…
Lire la suite...Tonnerre de bulles n° 42 : un rescapé qui se porte bien…
C’est l’un des derniers rescapés de l’époque. Loué soit Yannick Bonnant qui, avec détermination, mais aussi un zeste de folie, poursuit cette mission d’information sur papier que les curieux que nous sommes continuent à savourer. Un numéro toujours aussi riche, invitant deux auteurs trop peu médiatisés et que tout oppose, si ce n’est un amour tenace pour leur belle profession. Les deux invités de cette nouvelle livraison de Tonnerre de bulles appartiennent à deux générations différentes, travaillent dans deux univers que tout oppose, mais possèdent la même passion pour leur métier.

Henri Dufranne, en véritable caméléon de la BD, passe indifféremment de Pif à Gai-Luron, de Mickey à Winnie l’Ourson, de l’univers de Disney à celui de Gotlib, avec une remarquable aisance.
Né en 1943 à Paris, c’est aux côtés de Christian Godard, dont il est l’assistant sur « Martin Milan », qu’il se lance dans la bande dessinée, au fil de rencontres hasardeuses qui lui permettent de travailler pour Pilote, Pif, Tintin, Le Journal de Mickey…
Tout au long d’un entretien riche en anecdotes, réalisé par Cédric Allegret, c’est toute l’histoire de la presse BD jeunesse de ces 40 dernières années qu’évoque ce dessinateur modeste, dont le seul regret est de ne pas avoir réussi à imposer son propre personnage.
Sa plume — trop souvent anonyme — a plongé dans bien des encriers prestigieux, avec la discrétion des assistants.
Des milliers de pages portent la patte de cet auteur modeste et discret, enfin mis en lumière au cours de cet entretien passionnant.
Éric Chabbert est à l’image de cette trop modeste famille de dessinateurs réalistes classiques nés à l’aune des années 2000. Lauréat d’un concours organisé par la revue Vécu, il débute en 1998 avec un polar historique écrit par Daniel Bardet : « Docteur Monge ».
L’occasion d’oser ces premières perspectives architecturales audacieuses qui feront son originalité dans ses futures séries. « Nova Genesis », « New Byzance », « Shadow Banking », « Outlaws », « Les Guerres d’Albert Einstein », « BlakStone », enfin « Snorri » —son prochain album — sont évoqués au fil d’un long entretien — particulièrement riche — en compagnie de Sébastien Pauly. Une rencontre avec Sylvain Runberg, le scénariste de « Snorri » et d’« Outlaws » (un spin-off d’« Orbital »), évoque sa collaboration fructueuse avec Éric Chabbert.
Quant à Raymond Larpin, auteur en 2002 d’un entretien avec le père d’« Alix » pour la revue On a marché sur la bulle, il revient sur ses rencontres avec Jacques Martin, leurs conversations privées, et il évoque les derniers jours de la vie de celui-ci. Émouvant !
Présenté avec un dos carré, 100 pages en couleurs et une couverture avec double dépliant, Tonnerre de bulles est accompagné de trois ex-libris des auteurs invités numérotés et signés.
Idem pour les anciens numéros dont la plupart sont toujours disponibles, mais aussi pour ceux de son prédécesseur On a marché sur la bulle (en vente uniquement chez l’éditeur).
Henri FILIPPINI
Tonnerre de bulles ! n° 42 (septembre 2026)
100 pages en couleurs (9,50 €) — 5, La Chataigneraie, 35500 Saint-Aubain-des-Landes — yannick.bonnant1@gmail.com





















