Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...BO DOï N°76
Un numéro de qualité, bourré d’infos, d’interviews et de BD. Un journal qui se place en tête des magazines BD.
Toi, !’étranger
Les grands mythes populaires américains onc été forgés depuis un demi-siècle par la Télé et le cinéma US.
En France, c’est la bande dessinée qui a joué ce rôle. C’est ce qu’estime en substance Serge Lehman, grand écrivain français de science-fiction, qui rend à la franco-belge ce qui lui appartient. Il a de bonnes raisons de le confier aujourd’hui à BoDoï puisque, après avoir épaulé Bilai dans l’écriture de son film Immortel ad vitam, Lehman vient de boucler le scénario de l’ultime Lone Sloane pour Druillet ! Avec quatre de ses confrères, il nous explique comment les écrivains de SF sont en train de devenir, discrètement, autant de poires pour la soif de bulles, si l’on ose dire.
Discret, L.aurent Gerra, lui, ne l’est pas. Il aurait même tendance à se donner en spectacle… Mais vous seriez bien poire de bouder le Lucky Luke que l’imitateur vedette va publier à la rentrée avec l’intime complicité du dessinateur Achdé. Tiens, Lucky Luke, si ce n’est pas de la mythologie ! Gerra en est le premier convaincu, qui a dévoré du Lucky au temps où Morris et Goscinny en tenaient (les rênes. Modeste et attachanc, ce défonceur d’icones, notamment télévisuelles, a timidement tenté de redonner des couleurs à l’idole de son enfance dans un album que l’on peut voir comme un galop d’essai. L.e trait d’Achdé est d’une fidélité troublante, et l’esprit de Goscinny, sinon celui de Morris, flotte bel et bien sur les planches. Il y manque un petit quelque chose, qui s’appelle sans douce le métier.
Ça n’est pas grave, Gerra est en train de l’apprendre, et nous suivrons bien volontiers la piste qu’il est en train de tracer au lonesome cow-boy.
Outre Lehman et Gerra, vous constaterez aussi en rencontrant Andreas et Götting que la BD, ce sont parfois ses marginaux et ses étrangers qui en parlent le mieux. BoDoï aime ça, quitte à ramener les bougres au beau milieu de la scène. Allez, allumons les projecteurs, Dufaux et Griffo piaffent déjà en coulisses.
Jean-Marc VIDAL.






