Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
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On retrouve avec plaisir le graphisme réaliste et fin de Paul Gillon (La survivante, Les naufragés du temps …), qui signe avec ce nouvel album un polar sensuel rempli de rebondissements.
Le jour de son mariage, Valérie se sort indemne d’un accident de voiture qui voit périr Laurent de Maximy, son jeune mari. Pressée par Frédéric, son beau frêre, de communiquer ses intentions, elle lui révèle à la fois sa virginité le fait que Laurent la trompait. Peu de temps après, elle disparaît, après avoir vidé tous les comptes.
Fasciné par la jeune femme, Frédéric suit son parcours, semé de mort, à travers le monde.
Car Valérie, dont l’innocence n’est que sexuelle, cotoit en permanence des personnes à qui il arrive malheur. Destin ou provocation ? Cette interrogation renforce progressivement l’attirance de Frédéric pour Valérie, au point d’en négliger ses propres activités.
Le lecteur est entrainé dans cette histoire policière et psychologique avec une envie de poursuivre sa découverte, jusqu’au point final, tragique comme on peut s’en douter.
Une nouvelle réalisation réussie de Paul Gillon.
La veuve blanche, de Paul Gillon, éditions Dupuis – Collection Aire Libre – 12,35€







