Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
La vie d’artiste
Dès sa plus tendre enfance, Noémie (alias Forence Cestac, vous l’auriez deviné tout seul) passe son temps à affiner son sens créatif, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes avec ses proches.
La jeune fille n’hésite en effet pas à repeindre les murs à son goût ou encore à fabriquer divers « jouets » de ses propres mains.
Plus tard, au moment des études, la communication est encore plus délicate, l’incomprise Noémie se heurtant frontalement à un système pédagogique qui ne la comprend pas.
Mais elle en a cure Noémie. Ce qu’elle veut, elle, c’est être artiste. Et rien d’autre ! Bien entendu, elle y parviendra !
Mais La vie d’artiste, c’est l’ensemble des petites frustrations humoristiques et galères en tout genre inhérantes à cette volonté farouche de parvenir à son idéal.
Florence Cestac, auteur de l’inoubliable Démon de Midi (et grand prix d’Angoulême 2000) se penche à nouveau sur son cas, avec un humour et une auto-dérision si drôle qu’on ne peut que conseiller à tout artiste en herbe de conserver l’ouvrage comme livre de chevet, histoire de se redonner le moral en cas de coup de blues. Car au fond, c’est une magicienne Noémie, avec son don qui donne du plaisir aux enfants !
La vie d’artiste de Florence Cestac – Editions Dargaud – 12,60 €






