Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Monsieur, de Sourdrille
Enfant, adolescent ou adulte, Monsieur se trouve confronté à un certains nombre de situations quotidiennes mi-réalistes et mi-absurdes.
S’il fallait, pour tenter de le présenter au mieux à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, lui trouver quelques analogies du côté du neuvième art , on pourrait essayer de qualifier ce « Monsieur » comme un subtil mélange entre un Raymond Calbuth, mais célibataire et frustré et un Robert Bidochon, plus jeune et à l’esprit contemporain.
S’attachant avec un sens certain de l’analyse du détail, à nombre de situations qui peuvent prêter à sourire ou à s’offusquer, Sourdrille contemple avec un humour décalé ses contemporains, au travers des yeux de son « Monsieur », simple spectateur ou acteur de croustillantes « scènes de vie ».
Réalisée dans un style graphique réaliste un peu à la manière de Moerell (cependant, ne connaissant pas Sourdrille, il m’impossible de dire si il se met lui-même en scène dans ses histoires, comme le faisait le regretté dessinateur de Fluide Glacial), cette quinzaine de petites histoires (toutes parues en leur temps dans Psikopat), se laissent agréablement grappiller, comme on picore des grains de raisin sans s’en apercevoir. LT






