Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
Lire la suite...Monsieur, de Sourdrille
Enfant, adolescent ou adulte, Monsieur se trouve confronté à un certains nombre de situations quotidiennes mi-réalistes et mi-absurdes.
S’il fallait, pour tenter de le présenter au mieux à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, lui trouver quelques analogies du côté du neuvième art , on pourrait essayer de qualifier ce « Monsieur » comme un subtil mélange entre un Raymond Calbuth, mais célibataire et frustré et un Robert Bidochon, plus jeune et à l’esprit contemporain.
S’attachant avec un sens certain de l’analyse du détail, à nombre de situations qui peuvent prêter à sourire ou à s’offusquer, Sourdrille contemple avec un humour décalé ses contemporains, au travers des yeux de son « Monsieur », simple spectateur ou acteur de croustillantes « scènes de vie ».
Réalisée dans un style graphique réaliste un peu à la manière de Moerell (cependant, ne connaissant pas Sourdrille, il m’impossible de dire si il se met lui-même en scène dans ses histoires, comme le faisait le regretté dessinateur de Fluide Glacial), cette quinzaine de petites histoires (toutes parues en leur temps dans Psikopat), se laissent agréablement grappiller, comme on picore des grains de raisin sans s’en apercevoir. LT







