Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...Tout Jijé 1941-1942
La collection proposant l’intégrale de l’oeuvre de Jijé aux éditions Dupuis s’attarde sur un de ses travaux les plus populaires : Don Bosco, dont les deux versions sont ici présentées l’une à coté de l’autre.
C’est à l’instigation de René Matthews, l’un des éditeurs, que Jijé s’attaque en 1941 à sa monumentale biographie de Don Bosco, qui constituera un des best-sellers de cette époque : plus de 200 000 exemplaires vendus en diverses rééditions noir et blanc de 1943 à 1949. Cette illustration d’un sujet imposé l’a passionné, mais ne satisfait néanmoins plus son souci grandissant de perfectionnisme. En bien des points, il a manqué de documentation et n’a pu se rendre sur place pour croquer l’atmosphère italienne, les décors, monuments et visages typiques. Après un séjour sur les lieux du récit, il s’attaque à une nouvelle version entièrement redessinée et complétée, passant de 99 à 106 planches malgré quelques suppressions. Édité et réédité en albums couleurs à partir de 1951, cette seconde approche d’une vie passionnante et exemplaire constituera un nouveau best-seller, toujours disponible de nos jours dans la collection « Figures de Proue ». Grâce à la juxtaposition des deux versions, ce volume permet de suivre pas à pas l’évolution de Jijé dans un cadre précis. Le lecteur attentif découvre ainsi d’un même regard les variantes, les anecdotes que l’auteur a jugé utile d’ajouter ou de supprimer dans la refonte, la reconstitution de plus en plus authentique des décors et la transformation graphique de certains personnages ou de scènes que l’artiste estimait trop vieillies ou maladroites. Son traitement du noir et blanc, ainsi que son choix de cadrages, évoluent vers la perfection. Entre ces deux pôles, Jijé est passé du stade d’amateur très doué à celui de Maître parfaitement conscient de ses moyens.







