Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
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Les trois premiers titres mis en ventes par la jeune maison d’édition Xiaopan, dirigée par Patrick Abry, démontrent la diversité et le talent des auteurs venus de Chine, à découvrir d’urgence.
Patrick Abry s’est pris de passion pour la bande dessinée chinoise. C’est au cours de ses nombreux déplacements professionnels, et au fil des rencontres, que cet ancien ingénieur international, passionné de BD, découvre à la fois le talent des auteurs locaux, mais aussi le très faible nombre de titres français traduits en chinois : « 300 », nous précise-t-il.
Il décide donc d’inviter à ses frais 5 auteurs et, avec l’aide de l’association avec l’Association 16000 IMAGES d’Angoulême, organise le Festival de l’Image Dessinée Française à Beijing, « dont la vocation est de créer des échanges » et dont la première édition a eu lieu en octobre 2005. La seconde se déroulera en septembre 2006.
A cette occasion, sa rencontre avec Pierre Paquet, PDG des éditions qui portent son nom, s’avère déterminante. Les deux hommes s’associent à titre personnel – Patrick Abry apportant sa connaissance fine de la bande dessinée chinoise ainsi que ses contacts dans le secteur et Pierre Paquet, son savoir-faire d’éditeur – et créent « Xiaopan » (« Abry », en chinois, tout simplement !). Au programme éditorial : des achats de droits, mais aussi des œuvres de création « qui donnent à ces auteurs la possibilité de faire ce qu’ils veulent, des travaux souvent impubliables en Chine où les publication restent très surveillées » souligne Patrick Abry.
A la découverte des trois premiers titres mis en vente dès ce mois de mars, on mesure l’enthousiasme de Patrick Abry tant la diversité des genres et le talent sont au rendez-vous. Si « My Street », le thriller de Nie Jun, ne déroutera pas les amateurs de mangas (sens de lecture excepté !), « Le Fils du Marchand », un conte traditionnel mis en image par Nie Chongrui et surtout « Remember », un ensemble de récits autobiographiques magnifiquement illustrés du jeune et plus que prometteur Benjamin, achèveront de vous convaincre de l’intérêt et de la spécificité d’un genre qui devrait rapidement susciter l’adhésion et l’engouement du public.
Laurent Turpin
Toutes les infos « catalogue » sur : www.xiaopan.com







