Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Les Faux visages : une vie imaginaire du Gang des Postiches » par Hervé Tanquerelle et David B.
Abusivement traités de « Robin des Bois » modernes, les membres du Gang des Postiches ont défrayé la chronique, dans les années 80, en réalisant de nombreux casses déguisés ; portant perruques, fausses moustaches ou barbes : allant même, en effet, lors de certains de leurs hold-up, jusqu’à refiler quelques billets aux clients qui avaient l’air démunis et qui étaient alors présents dans les banques qu’ils venaient de dévaliser.
Pourtant, cette équipe de braqueurs, qui s’amusait donc à voler les bourgeois, le faisait d’abord pour leur compte personnel, sans mettre en avant la moindre revendication politique ou sociale !
Entre 1981 et 1986, ces professionnels de la cambriole ont écumé pas moins de vingt-sept banques et vidé au moins mille trois cents coffres ; très organisés, ils avaient le moins possible recours à la violence. Ils étaient avant tout des copains, venus d’horizons divers et c’est ce qui a immédiatement intéressé les auteurs : essayer de comprendre comment cette équipe éclectique a pu se rassembler, cohabiter durant toutes ces années et tisser de si forts liens de fraternité.
Cela faisait pratiquement cinq ans qu’Hervé Tanquerelle (qui réalisait alors les aventures extraordinaires du « Professeur Bell » avec Joann Sfar) avait proposé à David B., également très intéressé par l’univers du grand banditisme, d’imaginer une vie romancée de cette bande de truands, en s’inspirant des faits réels.
L’auteur de « L’Ascension du Haut-Mal » et de « Par les chemins noirs » s’y est finalement attelé, de façon chronologique et factuelle, en multipliant les dialogues savoureux et les ambiances entre polar noir et comédie dramatique ; s’éloignant donc un peu de son habituel travail sur les romans graphiques où il est pourtant reconnu comme l’un des maîtres : une tentative plutôt réussie, d’autant plus que le dessinateur a opté pour une sorte de ligne claire réaliste, avec nombre de décors très fouillés, qui est fort bien adaptée au propos !
Gilles RATIER
« Les Faux visages : une vie imaginaire du Gang des Postiches » par Hervé Tanquerelle et David B.
Éditions Futuropolis (21 €) – ISBN : 978-2-7548-0129-4










